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 Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise

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MessageSujet: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   Lun 28 Fév - 19:24

    D'un puissant crawl, Louise regagna la rive. Bientôt, ses pieds trouvèrent le sol granuleux du lac et elle émergea de l'eau, offrant au vent froid du février bulgare sa peau laiteuse et nue. D'un pas vif, la jeune femme se dirigea vers le petit promontoire de pierre où elle avait délaissé ses affaires. Tremblante, simplement vêtue de ses sous-vêtements, elle peinait à tenir debout. Le vent glacial mordait sa peau de toute part, s'insinuait en elle avec une malignité insidieuse.

    Elle commençait à regretter cette sortie. Elle s'était une fois de plus laissée emporter par ses lubies. Elle avait eu envie de nager, et au lieu de se rendre dans la salle de bain des préfets comme une personne raisonnable et sensée, elle avait préféré aller faire trempette dans le lac au beau milieu d'une nuit d'hiver particulièrement froide. Par soucis d'authenticité, se justifiait-elle. Et voilà qu'elle risquait de tomber en hypothermie. Évidemment, elle n'avait pas jugé nécessaire de prendre sa baguette. Soupirant, elle enfila avec des gestes mal assurés sa robe moldue, une de ces robes toutes simples et épousaient simplement les formes de son corps sans aucune sorte de vulgarité. Puis, négligeant ses collants du fait que sa peau était humide, elle accrocha sa cape de sorcière sur son dos.

    Elle regrettait de ne pas avoir pris plus de précautions quant au froid en quittant la salle des licornes, plus tôt dans la nuit. Elle était partie sans réfléchir aux conséquences, comme à son habitude, et elle doutait désormais d'être seulement capable de quitter les lieux avant l'aube. Dépitée, elle fouilla dans ses poches à la recherche de cigarettes. Elle trouva bientôt la petite boîte métallique où elle les rangeait et son briquet. Elle alluma un des fins cylindres blancs et inhala la fumée avec un plaisir malsain. La répétition du geste - porter la cigarette à ses lèvres, inspirer, souffler - lui apporta une certaine sérénité et donna à son corps le temps de récupérer ses fonctions, à défaut de l'aider à se réchauffer. Bien vite, la dose de tabac fut entièrement consumée. La jeune femme écrasa le mégots sur la pierre et l'envoya au loin d'une pichenette.

    Puis elle se leva, prenant ses chaussures dans une main, et entreprit de regagner le château. Elle longea longtemps le lac avant de se retrouver face à l'école. Le bâtiment s'élevait majestueusement dans la nuit, ses tours pointaient impérieusement vers le firmament, gardiennes du sommeil de centaines de sorciers et sorcières plus ou moins jeunes.

    Il aurait maintenant s'agit pour Louise de rentrer dans son dortoir avec la plus grande discrétion, comme elle l'avait toujours fait depuis qu'elle était à Durmstrang, afin d'être sûre d'échapper à toute sanction. Mais elle ne s'était jamais faite prendre, il n'y avait aucune raison pour que ça arrive ce soir là. De plus, les évènements de la nuit l'avait grandement affaiblie, et elle n'avait pas la tête à faire de longs et fatigants tours et détours dans l'école avant d'aller dormir. D'autant qu'elle devait faire peur à voir. Ses cheveux trempés et emmêlés entouraient un visage d'une pâleur cadavérique aux lèvres et aux yeux respectivement rendus bleues par le froid et rouges par la baignade. Elle tremblait et dégageait une odeur âcre de tabac froid. Pourtant, cette piteuse apparence n'enlevait rien à sa beauté. Elle ressemblait à une poupée de cire délaissée par son propriétaire, à une ange tombée du ciel, déchue.

    Elle entra dans le château par la porte principale, après avoir traversé le parc. Elle tenait avec peine sur ses jambes, et elle fut soulagée d'être enfin en intérieur. Elle avait fait le plus gros en échappant au vent et au froid. Elle traversa le hall et gravit les marches de l'escalier principal, appréciant le contact de ses pieds nus sur la pierre du sol. Puis elle parcourut rapidement le premier étage et emprunta un escalier secondaire qui la mènerait directement au couloir aux portraits, chemin le plus court pour regagner sa salle commune.

    Seulement, alors qu'elle arrivait dans ledit couloir, elle se retrouva face à face avec Monsieur Anouza, son professeur de Magie Noire, qui se trouvait également être le directeur de Durmstrang. Elle jura intérieurement. Non seulement elle n'avait aucun droit de se trouver hors de son dortoir à une heure aussi avancée de la nuit, mais en plus elle empestait le tabac froid plusieurs mètres à la ronde et était physiquement tout sauf présentable. Elle ne réchapperait pas de cette fâcheuse rencontre sans donner d'explications. Et elle détestait donner des explications.
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MessageSujet: Re: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   Mar 1 Mar - 22:49

    Les imprévus. Rien ne l'énervait plus que les imprévus. Levé aux aurores, sa journée n'avait pas été de tout repos. Avec les cours et les rendez vous que lui incombait la profession de directeur, il aurait été content de profiter d'un moment de calme après le couvre feu annoncé. Rejoindre Alice et aller manger des tacos par exemple. Des tacos, voila un moment qu'il en avait envie. Mais à peine avait il enlevé sa cape, qu'un hibou tentait de défoncer sa fenêtre d'un coup de tête. Satanés volatiles. En plus d'annoncer plus de mauvaises que de bonnes nouvelles, il fallait qu'ils dégradent son château. Calquer le moyen de communication du ministère ne serait pas une si mauvaise idée... Pourquoi pas envoyer des cocottes en papier ? C'est sympa les cocottes en papier. Un peu fastidieux à la réalisation, mais sympa.

    S'avançant vers la fenêtre pour l'ouvrir, il ne pu s'empêcher de souffler en voyant l'hibou s'étaler de tout son long sur son bureau, éparpillant des dossiers qu'il avait mit plusieurs heures à classer. Pas mauvais bougre pour autant, il offrit une Miam'Hibou pour le remercier de son voyage avant de le renvoyer à la volière.

    Parchemin à la main, il le déplia reconnaissant d'emblée l'écriture de l'un de ses professeurs. Ce dernier lui apprit, sans le savoir, que ce soir il ne mangerait pas mexicain mais devra se contenter d'un repas, tout aussi bon soit il, servit par les elfes de maison. Et pour cause, ce professeur ne pouvait assurer la surveillance de cette nuit, surveillance imposée dernièrement pour éviter de se retrouver avec un nouveau cas Dwan, prétextant une fièvre digne du feu d'un dragon. Trop tard pour trouver un autre remplaçant, il allait devoir sacrifier encore quelques heures de sommeil pour préserver le sommeil des têtes blondes du château. D'un pas lourd, il se dirigeant vers la grande salle pour diner. Peut être que ce soir, il aurait le droit à une deuxième part de dessert. C'est beau de rêver.

    21h01. Il étant temps pour le directeur d'aller remplacer son collègue dans les couloirs de l'institut. Même s'il avait révoqué l'ancienne règle qui interdisait de faire du feu, sauf pour l'utilisation des cours, le château restait sujets au courants d'air au grand damne de ce dernier. Sa baguette faiblement éclairé d'un lumos, il s'avançait vérifiant étage par étage une présence indésirable.

    00h32. Le regard fixé sur sa montre, il s'était accordé un petit détour par les cuisines. Pas qu'il était mort de faim, mais manger lui faisait passer le temps. Et puis une part de tarte aux pommes, ca n'a pas de prix.

    03h22. A cette heure, rien n'est plus calme. Après avoir croisé un chat vagabondant près des toilettes du troisième étage, il s'était résigner a polir l'armure se situant au deuxième. Pour vous dire à quel point la surveillance est une occupation fascinante. A l'avenir, il allait falloir réorganiser le planning, histoire de modifier le nombre de surveillant à deux. A deux et avec un jeu de carte, la nuit vous semble tout de suite moins longue...

    Alors qu'il allait pour la énième fois vérifier si le tableau de la salle commune des licornes ne s'était pas fait la malle, il fut surprit pas un bruit de pas et... D'eau ? Oui c'était bien des pieds trempés qui martelait le marbre du couloir et ils venaient dans sa direction. Histoire de sa la jouer sorcier qui voit tout, il se cala dans un enfoncement, à la sortie du couloir aux portraits et attendit que l'inconnu le dépasse pour le surprendre. En espérant que ca ne soit pas un mangemort.

    C'était une jeune fille. En tout cas, ce n'est surement pas ses cheveux trempés et emmêlés qui lui permis de tirer cette conclusion mais plutôt la robe qu'elle portait...

    - Il est évident que vous devriez être dans votre salle commune depuis fort longtemps... Lança-t-il tout en sortant de l'ombre un infime sourire aux lèvres. Mais je suis sur que avez une bonne explication, n'est ce pas ?

    Le tabac. Elle sentait le tabac. Addiction typique de la jeunesse, il reconnu en mille cette odeur acre, à vomir pour un non fumeur. Mais aux dernières nouvelles, fumer ne vous donnait pas l'impression d'avoir été jeté à la mer. Et vu la température extérieure, il espérait que ce n'était pas le cas.

    - J'attends...
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MessageSujet: Re: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   Mer 2 Mar - 15:31

    - Il est évident que vous devriez être dans votre salle commune depuis fort longtemps... Mais je suis sûr que avez une bonne explication, n'est ce pas ?

    La légendaire ironie des professeurs. Louise avait toujours détesté ce qui s'apparentait à l'autorité, même si elle devait bien avouer que sans elle, le monde tournerait à la débauche, à l'anarchie. Bien sûr qu'elle était en infraction au règlement ! Pourquoi ne pas simplement lui imposer le nombre d'heure de colle qu'il lui plaisait avant de la renvoyer dans son dortoir ?

    - J'attends...

    Bien évidemment, il en rajoutait. Louise parvint à garder son agacement imperceptible, au prix d'un effort minimisé par le fait qu'elle était trop faible pour être vraiment véhémente dans ses réactions. Qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir lui raconter ? La vérité ? C'était probablement la solution la plus simple. Pourtant, quelque chose lui disait que Monsieur Anouza n'allait pas apprécier, quand elle lui dirait qu'elle avait quitté sa salle commune en pleine nuit pour aller piquer une tête dans le lac simplement parce qu'elle en avait eu envie. Si encore elle avait eu une apparence décente, elle aurait pu prétendre qu'elle s'était endormie à la bibliothèque ou qu'elle n'avait pas vu le temps passer alors qu'elle s'entraînait à lancer des sorts appris en cours de magie noire dans une salle inoccupée. Mais elle n'avait de toute façon ni baguette, ni livre pouvant justifier cela. Elle avait seulement sa paire de chaussure à la main.

    - Sûrement, confirma-t-elle. Mais je doute fort qu'elle soit à votre goût... professeur.

    Son hostilité envers l'autorité avait tendance à lui faire omettre les marques de respect qu'on devait à ses représentants, et elle avait manqué de peu d'oublier le "professeur". C'était sûrement dû à son état physique, se justifia-t-elle : elle était toujours à la limite de l'hypothermie, et si elle n'allait pas se réchauffer dans les minutes à suivre, son état risquait d'empirer. Pourtant, par fierté sans doute, elle n'en montrait rien à son directeur, agissait comme si elle était en parfaite santé, malgré quelques tremblements qu'elle ne parvenait pas à contrôler.
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MessageSujet: Re: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   Sam 5 Mar - 21:49

    - Surement ? Lui demanda-t-il tout en s'attardant ses vêtements mouillés. Ce qui est sur, en tout cas, c'est qu'il ne faudrait pas tarder à vous réchauffer si vous ne voulez pas tomber en hypothermie. Attendez là.

    Sans dire un mot de plus, il se dirigeant vers le mur de droite, un mur nu, chose étrange dans un couloir tapissé par des portraits de sorciers plus ou moins célèbres. Un regard sur sa montre, il sourit quand celle ci lui indiqua quatre heure moins deux. Ca ne devrait plus tarder. Quatre moins une. Suspense. Quatre heure. A une seconde près une porte apparut sur la partie nu. Cette salle, il la connaissait pour l'avoir vu apparaitre un jour de surveillance, devant ses yeux. D'après ses observations, elle ne s'ouvrait qu'a des horaires précis. Entre quatre heure et sept heure du matin. Pour en avoir discuté avec d'autres, il savait que cette salle était connu par peu de personne et qu'il existait sa jumelle mais qui apparaissait elle, à des horaires différents. Plusieurs heures passés à la bibliothèque lui avait apprit qu'elles avaient été crées pour une raison accessoire, encore une idée du fondateur des licornes...

    - Après vous jeune fille. Dit il en faisant en ouvrant la porte à la licorne.

    Suivant son élève, il retrouva la salle comme lors de sa dernière visite. La pièce était d'une taille raisonnable, assez raisonnable pour pouvoir y accueillir un ensemble complet de salon, une large bibliothèque et une immense cheminé. Autour, il restait encore de la place pour jouer au twister. De taille raisonnable, donc. Le mobilier, lui, devait valoir une petite fortune, mais pour avoir essayé de sortir un fauteuil pour le mettre dans son bureau, il comprit très vite qu'il en était indélogeable. Mélange de bleu et d'argent, le tout restait un lieux confortable.

    Sans attendre, le professeur lança un incendio, son sort préféré dans la cheminé et immédiatement un feu s'y éveilla.

    - Je vous conseil de vous approcher. Dit il en lui montrant la cheminé et en faisant apparaitre une couverture. J'aurais pu utiliser un sortilège pour me charger de votre début d'hypothermie, mais je n'ai jamais été très doué en sort curatif. J'aurais pu essayé, au risque de vous faire frire, mais devoir m'expliquer devant le mangemagot de mon élan de bonté ne serait pas utile dans la mesure où j'ai mieux à faire. Dormir, par exemple. Un café ? Un thé ou bien un chocolat ?

    Tout en disant cela, il avança près d'un placard, adossé contre un mur, où se trouvait tout ce qu'il fallait pour une pause bien mérité.

    - Sympa, cette pièce, hein ? Lança-t-il en examinant l'intérieur d'une boite de fer. Sinon... Hum... Votre explication ?
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MessageSujet: Re: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   Dim 6 Mar - 2:42

    - Sûrement ? répéta-t-il. Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'il ne faudrait pas tarder à vous réchauffer si vous ne voulez pas tomber en hypothermie. Attendez là.

    Louise grinça des dents. Elle détestait que l'on se charge d'elle. Elle avait toujours du et su se débrouiller toute seule, ce n'était pas un petit rhume qui allait changer ça ! Mais elle n'était pas tout à fait en position de négocier, aussi se contenta d'elle de faire ce que le directeur lui demandait : attendre bien sagement qu'il prenne les choses en main. Il s'approcha d'un des rares murs du château à ne porter aucune décoration et consulta sa montre à plusieurs reprises. Louise regretta de ne pas avoir pris la sienne, le poids du fin bracelet en or blanc qu'on lui avait offert à son entrée à l'institut.
    Un cadeau parmi d'autres, excepté que celui-ci s'était révélé réellement utile. Puis soudain, alors que Louise songeait aux moyens mis en oeuvre par ses parents pour se faire excuser leurs absences, une porte apparut sur le mur devant lequel se tenait Monsieur Anouza. Le directeur actionna alors la poignée, comme si cette apparition lui était familière, et lui tint la porte.

    - Après vous, jeune fille.

    La licorne lui adressa un signe de tête accompagné d'un léger sourire pour le remercier et lui passa devant, entrant dans la pièce secrète d'un pas presque cérémonieux. La salle est particulièrement spacieuse. Le mobilier rappelait celui de la salle commune des licornes, et la jeune femme était tout particulièrement attirée par la bibliothèque. Instinctivement, elle s'en approcha, sans plus vraiment prêter attention à son directeur, qui était entré après elle et avait refermé la porte de la salle avant d'allumer la cheminée d'un incendio. Lentement, elle passa sa main le long des cotes des livres, caressant du bout des doigts les titres qui lui étaient connus ou qui l'intriguaient. Elle fut agréablement surprise d'y trouver des ouvrages moldus. Mais bientôt, la voix de son professeur l'arracha à cet heureuse découverte.

    - Je vous conseil de vous approcher. J'aurais pu utiliser un sortilège pour me charger de votre début d'hypothermie, mais je n'ai jamais été très doué en sort curatif. J'aurais pu essayer, au risque de vous faire frire, mais devoir m'expliquer devant le mangemagot de mon élan de bonté ne serait pas utile dans la mesure où j'ai mieux à faire. Dormir, par exemple. Un café ? Un thé ou bien un chocolat ?

    Louise esquissa un vague sourire devant l'attitude presque familière de son directeur. Il s'adressait à elle presque comme à une égale. Où était passé la retenue dont usaient tous les enseignants ? La jeune licorne, en évitant par diverses ruses les entrevues privées avec ces derniers, ne les avait jamais côtoyés dans un cadre parascolaires, et trouvait ainsi son esprit étriqué par ses préjugés.

    - Je prendrais bien un café, je vous remercie, acquiesça-t-elle tandis qu'il se dirigeait déjà vers ce qui s'apparentait à une cuisine.

    Elle s'était approchée de la cheminée où ronflait un feu digne des Enfers. Monsieur Anouza avait fait apparaître une couverture, mais Louise n'osa pas la prendre, pas de suite. Elle la prendrait, peut-être, quand son professeur la rejoindrait avec le café. La boisson la remettrait d'ailleurs bien rapidement sur pieds, aussi efficacement que le sort curatif que le directeur avouait mal maîtriser. Intérieurement, Louise sourit à l'idée de lui apprendre le sortilège. La situation serait pour le moins cocasse.

    - Sympa, cette pièce, hein ? Sinon... Hum... Votre explication ?

    La jeune femme retint un soupir exaspéré. Mais elle devait se rendre à l'évidence : elle n'avait d'autre choix que de lui donner la raison de sa présence hors de sa salle commune. Elle savait que ce genre d'attitude aurait pu se révéler suspect dans le cas d'affaire comme celle de Dawn. Elle n'était pas plus en règle cette nuit-ci que le soir du drame, d'ailleurs. Mais sa discrétion habituelle lui avait permis d'éviter une petite convocation au tribunal.

    - Eh bien, il se trouve, Monsieur, que mes... errances nocturnes sont le fruit d'insomnies intempestives.

    Un peu tard, elle s'aperçut qu'elle avait parlé au pluriel, avouant sans le vouloir qu'elle n'en était pas à sa première, et certainement pas à sa dernière violation du règlement. Cela dit, elle avait été on ne peut plus sincère, confiant au directeur une partie de ses tourments et inquiétudes. Elle ne dormait plus, ou très peu et très mal. Jusque là, la chose était resté sans trop de conséquences, mais elle craignait que le manque de sommeil n'influe bientôt sur la qualité de son travail scolaire.
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MessageSujet: Re: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   Ven 11 Mar - 1:45

    - Des errances nocturnes ? Dit-il en examinant des boites de fer, une à une. Étonnant que vous n'ayez pas rencontré d'autres surveillants avant moi. En matière de chasse à l'Homme, je suis loin d'être le plus efficace de mes collègues.

    Tout en parlant, il avait mit la main sur une merveille du café. S'il avait su plus tôt que cette salle possédait une boite contenant du Jamaïque Blue mountain, une chose est sur, c'est qu'à l'heure actuelle, son choix se serait porté sur un autre en absence du précédent. Le Jamaïque Blue mountain était considéré comme l'or du café, aussi rare que cher. Légèrement acide, son arôme et son goût étaient néanmoins un exemple exceptionnel d’équilibre et d’harmonie. Sans perdre un instant, il s'affecta à moudre les grains et en absence de cafetière digne de ce nom, il ajouta la café fraichement moulu à de l'eau bouillante, dans deux tasses, avant d'enlever la marre d'un coup de baguette. Enfin, il ajouta un sucre dans chaque tasse, sachant qu'il ferait toute la différence, avant de rejoindre la licorne au abord de la cheminé.

    - Je ne sais pas quel est votre connaissance du café jeune fille, commença-t-il à dire, tout en s'asseyant à un fauteuil. Mais sachez que ce que vous allez avoir entre les mains, est surement le meilleur café au monde. Et je n'exagère que peu...

    Sans attendre, il apporta sa tasse au bord des lèvres, profitant un instant de l'odeur de ce dernier, avant d'en boire une gorgée. Le liquide, un peu trop chaud, lui brula la gorge, mais ce n'était rien en comparaison de l'expérience gustative de ce dernier.

    Il comprenait aisément que son addiction au bon café pouvait en étonner plus d'un. Mais en quoi était ce plus étrange qu'aimer les bons crus ? Et puis à l'inverse du vin, le café ca vous laisse les idées clairs. Quoiqu'il en soit, revenons à des sujets plus sérieux.

    - Insomnies intempestives ? Vraiment ? Lança-t-il en reposant sa tasse. Moi aussi à votre age j'en étais sujet et croyez moi, ce n'était il n'y a pas si longtemps. Il y avait cette fille, Caroline, nous étions un peu plus qu'amis et nous aimions nous promener au clair de lune. Romantique n'est ce pas ? En ce qui vous concerne, je pense qu'elles sont d'autres natures, vu que vous étiez seule lorsque je vous ai surprise. A moins que votre Roméo ne soit pas un gentleman digne de ce nom ?

    Loin de lui l'idée de se confier à la bleu, il voulait seulement détendre l'atmosphère et instaurer une certaine intimité, ce qui permettrai peut être à la jeune femme de lui révéler la raison de ses insomnies. Mais en raison des minutes de silence qui suivirent sa remarque, il semblait que son approche n'était pas la bonne. Deuxième tentative. Une tentative plus direct.

    - Vous savez, tout ce que vous direz ici ne pourra pas être retenu contre vous. Dit-il en prenant un faux air d'inspecteur. Sérieusement, une partie de mon métier est de tout faire pour que mes élèves se sentent bien à l'institut. Si vous avez des sujets qui vous préoccupent, nous pourrions essayer d'y trouver une solution. Dans l'absolu, si vous souhaitez une oreille professionnelle, un Médicomage spécialisé en psychologie vient tous les premiers lundi du mois, il serait peut être intéressant de prendre un rendez-vous.

    Cette fois ci, il lui donnait le choix, se confier à lui ou à un professionnel. Dans tous les cas, cette situation devait se débloquer, les insomnies ne font jamais bon ménage avec les études.
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MessageSujet: Re: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   Ven 11 Mar - 23:59

    - Des errances nocturnes ? Étonnant que vous n'ayez pas rencontré d'autres surveillants avant moi. En matière de chasse à l'Homme, je suis loin d'être le plus efficace de mes collègues.

    Visiblement, son enseignant se plaisait à reprendre ses fins de phrases. Mais Louise ne le lui reprochait pas. Au contraire, cela lui arracha un semblant de sourire, sûrement plus sarcastique qu'il n'aurait du l'être. Mais la jeune femme oubliait peu à peu ce qu'était un vrai sourire, franc, amusé, heureux. Son cynisme prenait malgré elle le dessus. Cependant, cette ébauche d'amusement disparut à l'annonce des mots "chasse à l'homme". Elle retint un froncement de sourcils. Les paroles de Nicolas Anouza en disait plus sur la situation actuelle du monde magique qu'il ne devait l'avoir voulu. Ce qui se passait hors de Durmstrang était-il en train de rentrer dans l'école ? L'arrivée d'aurors pour assurer la sécurité des élèves au sein de l'institut laisser penser que oui.

    - Je sais me faire discrète, professeur. N'aillez pas d'inquiétudes à ce sujet. Vous étiez simplement... au mauvais endroit au mauvais moment. Du moins, en ce qui me concerne, déclara la jolie blonde.

    Elle n'osa pas ajouter qu'étant donné son état, elle aurait été et était toujours incapable de faire quelques détours savamment pensés et d'emprunter divers raccourcis de sa connaissance pour s'assurer un retour inaperçu dans son dortoir.
    Habituellement, elle était plus prévoyante lorsqu'elle allait se baigner. Mais suite à une accumulation d'évènements, elle avait été prise d'une pulsion incontrôlable et, en oubliant sa baguette, était partie sans aucune précaution. Cela lui était déjà arrivé une fois auparavant. Elle avait manqué de peu d'y laisser la vie. Pourtant, l'espace de quelques secondes avant qu'on la sauve de sa noyade, elle s'était sentie tellement bien, là, dans les profondeurs de la mer Noire, doucement ballotée par les courants marins, se sentant comme aspirée par vers les eaux toujours étales, lisses et sombres du Léthé. Depuis, elle n'avait plus peur de la mort. Plus de la sienne, dans tous les cas. Mais cette noyade manquée lui avait fait prendre conscience que la disparition de ses proches, des personnes auxquelles elle s'était attachée, la détruirait, que l'affection la mènerait à l'affliction, quoiqu'il arrive. Alors elle s'était détachée sentimentalement de tout à chacun. En apparence, rien n'avait changé. Mais en elle, dans son coeur, dans son esprit, tout était différent, désormais. Elle était même parvenue à se détacher de sa soeur et de ses parents, à les considérer, comme tout autre personne, comme de simples figurants dans sa vie. Du moins s'en était-elle persuadée.

    - Je ne sais pas quelle est votre connaissance du café jeune fille. Mais sachez que ce que vous allez avoir entre les mains, est sûrement le meilleur café au monde. Et je n'exagère que peu...

    L'enseignant s'était approché, apportant deux tasses d'un café bien chaud. Louise était intriguée, presque troublée par l'attitude du directeur. Il agissait comme s'il eut été un vieil ami de la famille, sauf que la jeune femme n'avait jamais apprécier les vieux amis de la famille. Sachant pertinemment qu'il n'avait pas ce statut, la Licorne tentait de passer outre et ne montrait rien de son malaise face à un tel comportement.
    Elle accepta la boisson avec gratitude et posa ses mains de part et d'autre de la tasse, imposant à ses doigts gelés un contact électrisant de par la différence de température.
    Après avoir remercié son professeur, elle porta la tasse à ses lèvres, souffla délicatement sur le liquide et prit une petite gorgée qu'elle avala avec délice.

    - Jamaïque blue moutain, devina-t-elle avec un sourire appréciateur.

    Elle aurait reconnu cette saveur douce amère entre mille. C'était le café favori de son paternel. Depuis longtemps, c'était cette marque qui ponctuait tous ses réveils. Mais depuis peu, elle affectionnait une autre marque, plus prisée peut-être encore par la haute gastronomie.

    - J'avoue avoir une préférence pour le Bourbon pointu, admit-elle.

    Elle reprit une gorgée de café, se remémorant ses réveils de petite fille. A l'époque, elle devinait la présence de son père au manoir de Varsovie, chose des plus rares, rien qu'à l'odeur du café jamaïcain qui régnait dans la demeure. Elle avait découvert le Bourbon pointu récemment. C'était sa mère qui l'avait rapporté de Réunion alors qu'elle passait en coup de vent à Varsovie, comme à son habitude. Plus acide qu'amer, raffiné et délicat, c'était surtout les légères touches fruitées qui l'avait séduite. Ainsi que le faible taux de caféine. Elle pouvait boire ce café à toute heure de la soirée sans craindre un sommeil agité. Aujourd'hui, elle n'avait même plus à craindre le sommeil ; Morphée la fuyait.

    - Insomnies intempestives ? Vraiment ? Moi aussi à votre âge j'en étais sujet et croyez moi, ce n'était il n'y a pas si longtemps. Il y avait cette fille, Caroline, nous étions un peu plus qu'amis et nous aimions nous promener au clair de lune. Romantique n'est ce pas ? En ce qui vous concerne, je pense qu'elles sont d'autres natures, vu que vous étiez seule lorsque je vous ai surprise. A moins que votre Roméo ne soit pas un gentleman digne de ce nom ?

    De nouveau, il avait repris ses mots pour relancer la conversation vers un sujet plus actuel. Elle retint un nouveau sourire, chose qui s'avéra rapidement facilitée par les paroles finales de son enseignant. En effet, ses troubles du sommeil n'était en aucun cas liés à une quelconque amourette d'adolescents. Elle fuyait ce genre de relation comme la peste. Plus encore que l'amitié, aux yeux de la jeune femme, l'amour rendait faible, dépendant et manipulable. Il y avait bien évidemment de bons côtés - le bonheur d'aimer et d'être aimé, le sentiment de plénitude... - mais Louise fermait les yeux à leur sujet, les ignorait. Elle avait eu plusieurs petits amis, à Durmstrang, notamment. Mais ce n'était qu'un jeu pour elle, un moyen comme un autre de s'adapter au mode de vie d'adolescents lambda, normaux. Elle ne s'était jamais attachée à ces garçons, se l'était interdit. Tout cela lui faisait bien trop peur. Elle n'était pas comme eux. Non pas qu'elle se sentît supérieure, non, en aucun cas, elle ne s'était jamais mise au dessus de qui que ce soit. Mais elle était différente. Par un curieux concours de circonstances, mais aussi et surtout par choix.
    Ne trouvant rien à répondre de satisfaisant ni pour le directeur ni pour elle-même, elle attendit qu'il reprenne. Ce qu'il fit, après le silence prolongé de la Licorne.

    - Vous savez, tout ce que vous direz ici ne pourra pas être retenu contre vous. Sérieusement, une partie de mon métier est de tout faire pour que mes élèves se sentent bien à l'institut. Si vous avez des sujets qui vous préoccupent, nous pourrions essayer d'y trouver une solution. Dans l'absolu, si vous souhaitez une oreille professionnelle, un Médicomage spécialisé en psychologie vient tous les premiers lundi du mois, il serait peut être intéressant de prendre un rendez-vous.

    Elle savait bien, mieux que lui, que sur le sujet qu'il abordait avec elle, elle ne risquait rien sur le plan pénal, qu'il s'inscrive dans le cadre de l'école ou plus. Aussi continua-t-elle de se taire. Mais à l'évocation d'un psychologue, elle comprit que le directeur souhaitait réellement lui venir en aide. Peut-être même qu'une partie d'elle-même était en train d'admettre que se confier à quelqu'un pouvait, à défaut de réellement soulager la conscience - elle réfutait totalement ce genre d'absurdités - rester sans conséquence néfaste. Et puis après tout, elle ne voyait pas comment ni dans quel intérêt le directeur pouvait lui nuire, même si elle lui donnait les clés pour la comprendre. Que pouvait-il bien tirer des tourments d'une adolescente un peu trop méfiante quant au monde qui l'entourait ? La réponse lui apparaissait plus que clairement : rien. A ce moment là, elle consentit à accorder sa confiance au jeune homme, à se confier.

    - Je ne suis pas malade, professeur, certifia-t-elle. Ce serait gaspiller le temps précieux de ce médicomage que d'aller le consulter, croyez-moi. Je ne dis pas que je vais bien, mon état le prouve bien, je suis loin d'être raisonnable dans ma conduite, mais j'agis en toute conscience des conséquences de mes actes, aussi risqués soient-ils.

    Elle savait que ses paroles seraient loin d'apaiser le directeur à son sujet. Au contraire, elles allaient plutôt ajouter du volume à ses inquiétudes. Mais elle ne faisait qu'exposer des faits. Et puis, accepter les confidences d'autrui impliquait également de les garder avec soi jusqu'à la fin.

    - Ce n'est pas la première fois que je me baigne en pleine nuit cet hiver. J'ai simplement oublié ma baguette, ce soir. Ce n'est ni intentionnel, ni une manifestation de mon subconscient trahissant de quelconques penchants suicidaire. J'aime la vie, même si je ne crains en rien la mort. A vrai dire, cette dernière m'intrigue, et la première m'effraie. Mais ce n'est pas pour autant que je mettrais fin à mes jours, loin de là. Je suis à Durmstrang pour apprendre, pour faire de grandes choses tout au long de ma vie. Je suis plus qu'ambitieuse, professeur. Je tiens à la vie.

    Louise s'était beaucoup intéressée à la psychologie humaine. Elle en maîtrisait quelques notions, bien qu'abstraites, mais la psychologie en elle-même était une science abstraite. Toujours était-il qu'elle espérait voir son existence s'allonger encore de quelques décennies. Mais l'heure n'était plus à ce genre de discours. Il était temps pour Louise de se dévoiler, de retirer son masque. Elle baissa les yeux, qu'elle avait jusque là garder fixement ancrés dans les prunelles de son enseignant. Son discours se dévêtait de toutes certitudes, devenait plus profond, plus intime et horriblement plus effrayant pour elle.

    - Le problème, professeur, c'est que j'ai constamment peur. Le monde m'étouffe. Je... j'ignore si j'y ai ma place quelque part. Oui, le monde m'effraie. Alors j'essaie d'y échapper. Je sors la nuit, loin de tout et de tous. Mais ce n'est pas une rébellion contre l'autorité. Enfin, pas seulement, parce qu'il y a un peu de ça, aussi. Mais c'est surtout... comment dire. Il n'y a qu'à ces moments que je me sens bien, que je me sens vraiment libre. C'est une fuite. Vers quoi, je l'ignore.

    Elle se tut l'espace de quelques secondes. Elle avait parlé vite et bas, mais en prenant bien garde à ce que son interlocuteur puisse saisir chacune de ses paroles et la moindre de ses intonations. Puis elle redressa la tête et regarda de nouveau le jeune homme dans les yeux.

    - Les dernières paroles de ce moldu américain, Thomas Edison, sont "C'est très beau ici". J'ignore où ça se trouve, mais c'est sûrement quelque part. Alors peut-être que je fuirai inlassablement vers cet Ailleurs. Peut-être que je cours à ma perte. Mais le jeu, croyez-moi, en vaut la chandelle. Qu'importe les désagréments comme celui de ce soir. Qu'importe si ma conduite laisse parfois supposer une volonté d'autodestruction. Il n'en est rien.

    L'alcool et les drogues n'avaient jamais été plus qu'un moyen de chercher cet ailleurs, de passer "Les portes de la perception" d'Huxley, d'atteindre "Les paradis artificiels" de Baudelaire. La cigarette ? Une manière de se rappeler, à chaque fois qu'elle en fumait une - ce qui était devenu de plus en plus fréquent chez la jeune femme - que la mort pouvait subvenir sans crier gare. Quelle leçon en tirait-elle ? Elle avait compris depuis longtemps que "vivre, c'est mourir". Mais elle savait aussi qu'il fallait profiter de chaque minute de sa vie, que si des gens revenait sous forme de fantômes, c'est qu'il avait eu peur de la fin, du vide, de l'oubli, du Néant. Elle, elle l'attendait patiemment, savait qu'elle n'y échapperait pas. Alors elle profitait comme elle pouvait, cherchait l'ailleurs avec acharnement, le frôlait parfois, mais seulement spirituellement. Alors elle défiait la mort, comme ce soir, y échappant parfois de justesse. Mais elle y échappait, alors tout était pour le mieux. Et la nuit suivante, elle recommençait, tentait le diable et esquivait avec adresse ses assauts mortels. C'était un cercle vicieux, mais nocturne. C'était son infernale spirale d'autodestruction, qui n'aboutirait qu'au terme, au moment venu. Et en attendant la nuit ? Elle vivait malgré tout, à petite dose, au ralenti, alors que sous la lune, elle était maîtresse du monde. L'univers nocturne ne l'effrayait pas, il l'apaisait, la rendait invincible.

    Louise ignorait si elle en avait trop dit. Pourtant il y avait encore tant à dire. En elle, rien n'avait changé. Elle était parvenue à mettre des mots sur ses tourments, mais elle ignorait encore quoi en penser. Elle adressa un sourire maigre, confus, contrit au directeur, lui signifiant son malaise après tant de révélations de sa part, elle qui ne s'était jamais confiée à personne.
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MessageSujet: Re: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   Ven 18 Mar - 23:00

    - Je sais me faire discrète, professeur. N'aillez pas d'inquiétudes à ce sujet. Vous étiez simplement... au mauvais endroit au mauvais moment. Du moins, en ce qui me concerne.

    Il était tendu. Visiblement tendu comme pouvait le trahir sa main crispé sur l'accoudoir ou encore ce léger tic, presque imperceptible, que faisait sa lèvre. Discrète ou non, si c'était un mangemort qui c'était trouvé à sa place ? Lui aussi aurait pu être au mauvais endroit au mauvais moment, et ce dernier point aurait changer la donne. Une apprentie sorcière, sans baguette, contre un disciple des forces du mal, inutile d'imaginer le dénouement. Il n'y en aurait pas pour la licorne.

    Après le cas Dwan, il ne pouvait se permettre qu'un autre drame est lieu au seins de l'institut. Ce n'était pas de perdre sa place qui l'inquiétait, beaucoup guettaient le moindre faux pas pour l'éjecter de la direction de Durmstrang désormais, mais c'est à un tout autre niveau qui serait touché. En effet, même si il l'avait caché, pour peut être paraître plus responsable, il avait été terrassé par le meurtre qui s'était déroulé sous ses yeux. Des parents avaient eu confiance en lui, en mettant leurs enfants sous la protection de l'école, un lieu considéré comme sur, surtout après la disparition du lord, et pourtant... Rien que d'y repenser, il sentit une vague de culpabilité se déferler sur lui. Peut être aurait il pu empêcher ca. Il aurait du empêcher que ca se produise. Quoiqu'il en soit, à moins d'avoir un retourneur de temps et de braver un millier de loi, il ne ramènerait pas le licorne à la vie, mais il pouvait empêcher que cela se produise à nouveau.

    - Imaginez un instant que vous soyez tombée sur un mangemort. Commença-t-il, le ton ferme. Ce dernier ne vous aurait surement pas offert un café. Loin de là. Je pense, du moins je l'espère, que vous ne vous attendez pas à ce que j'encourage votre comportement. Vous pouvez avoir la meilleure des justifications que ca n'y changerait rien. Des règles existent, et même si on a tendance à dire qu'elles sont la pour être enfreintes, elles existent avant tout pour éviter les dérives d'une société qui retient difficilement ses pulsions.

    Son cœur battait à tout rompre. Il aurait pu garder le masque du sympathique professeur, mais le sujet était trop sérieux pour le prendre avec des gants de soie. Tout en portant sa tasse aux lèvres, il tenta de se maitriser. Boire de la caféine n'était peut être pas la meilleure des idées, mais en ce concentrant sur le liquide lui brulant la gorge, il réussi tant bien que mal à baisser sa tension. Sermons inutiles. Lui même n'en faisait qu'à sa tête à son age, et pourtant à son époque l'avenir s'annonçait bien noir avec Voldemort.

    - Jamaïque blue moutain.

    La remarque de la bleue lui fit reprendre le sourire. Oui du Jamaïque blue moutain , elle ne s'était pas trompée. Il avait donc a faire à une spécialiste des grands crus.

    - J'avoue avoir une préférence pour le Bourbon pointu.

    - Bien sur... Mais à choisir entre ce dernier et le Kopi Luwak, le deuxième reste mon préféré, malgré sa conception plutôt atypique, dirons nous.

    Reprenant une gorgée, il laissa ses pensées aller et venir, en attendant une réponse de la jeune fille qui ne se fit pas attendre.

    - Je ne suis pas malade, professeur, certifia-t-elle. Ce serait gaspiller le temps précieux de ce médicomage que d'aller le consulter, croyez-moi. Je ne dis pas que je vais bien, mon état le prouve bien, je suis loin d'être raisonnable dans ma conduite, mais j'agis en toute conscience des conséquences de mes actes, aussi risqués soient-ils.

    Sans qu'il puisse réagir, elle se lança dans un monologue, s'accordant peu de temps entre chaque tirade, comme si elle souhaitait s'expliquer pour éviter tout qui-pro-co. Au final, elle avait décidé de se confier à lui, comme à un égal et non avec la pudeur qu'instaure habituellement la relation élève-professeur. Qu'à cela tienne, il l'écouterai et la conseillerai au mieux.

    Durant les minutes qui suivirent, il se concentra pour comprendre l'exposé de la licorne, pour n'oublier aucun détail quand arrivera son tour de lui donner une réponse. Il voulait jouer son rôle du mieux qu'il pouvait.

    - Vous avez une vision du monde... Bien à vous. Dit il tout en cherchant ses mots. Vous tenez à la vie, mais vous réagissez sans prendre en considération cette dernière. Au risque de me répéter, que ce serait il passé si vous étiez tombé sur un mangemort ? Vous faire tuer ne vous rapprochera peut être pas de cet Ailleur. Et si cet Ailleur était ce moment, en toute fin de vie, quant on regarde derrière soi, le chemin parcouru ? Vous rendez vous comptes à quoi vous vous fermez en agissant de cette façon ? Ma réaction est surement exagéré, mais elle est justifiée vis à vis des derniers événements.

    Tout en fermant les yeux, il fit tournoyer sa tasse désormais vide entre ses mains. IL n'avait jamais aimé jouer ce genre de rôle mais c'était une nécessité. Il aurait accordé volontiers ces sorties nocturnes de la jeune fille, si cela pouvait l'aider à se sentir mieux... Mais le facteur risque restait trop important.
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MessageSujet: Re: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   Dim 20 Mar - 0:44

    Son enseignant semblait agité. Il tournait machinalement sa tasse de café entre ses mains, et il était pris de rictus nerveux. Pendant quelques minutes, il resta silencieux, pensif, tâchant sûrement de trouver une réponse adéquate aux explications de la jeune femme. Louise profita de ce laps de temps pour mieux observer son professeur. Durmstrang n'avait jamais connu directeur aussi jeune. Et dans tous les cas, aucun n'avait pu être aussi élégant. Peut-être était-ce l'époque, qui faisait que les sorciers avaient tendance à adopter la mode moldue, mais alors que les robes de sorciers camouflaient les courbes du corps, les jeans, t-shirts, chemises et autres les mettaient en valeur, les soulignaient. Cependant ce ne fut pas sur les vêtements de son professeur que le regard de l'élève s'attarda, mais sur son visage. Les traits de ce dernier, d'une pâleur comparable à celle de la jeune femme, étaient tirés par la fatigue. Sous un front droit et des sourcils sombres apparaissaient deux prunelles couleur vert-de-gris, soulignées par des sillons laissés par un manque de sommeil conséquent. Il avait une mâchoire puissante et carrée, un nez droit et des lèvres fines et bien tracées. Il y avait dans sa tenue, dans son port de tête quelque chose de racé, d'aristocratique. Anouza... le directeur et son frère étaient les derniers porteurs de ce nom, aux dires des gens. Il ne tenait qu'à eux de le faire perdurer ou disparaître. Mais l'enseignant reprit la parole, arrachant Louise à ses observations.

    - Vous avez une vision du monde... Bien à vous. Vous tenez à la vie, mais vous réagissez sans prendre en considération cette dernière. Au risque de me répéter, que ce serait il passé si vous étiez tombé sur un mangemort ? Vous faire tuer ne vous rapprochera peut être pas de cet Ailleurs. Et si cet Ailleurs était ce moment, en toute fin de vie, quand on regarde derrière soi, le chemin parcouru ? Vous rendez-vous compte à quoi vous vous fermez en agissant de cette façon ? Ma réaction est surement exagéré, mais elle est justifiée vis à vis des derniers événements.

    N'avait-il pas compris ? N'avait-il pas compris qu'elle agissait de la sorte pour, justement, n'avoir aucun regret, à défaut de tout vivre, de tout connaître, ce dont personne ne pouvait se vanter même après une longue et faste vie ? Elle réagissait toujours au quart de tour, sans réfléchir aux conséquences. Bien évidemment, cela causerait sa perte. Mais qu'importe, tant qu'elle avait mené la vie qu'elle désirait. L'Ailleurs après lequel elle courrait n'était certes pas la Mort, non, puisque la Mort n'est rien sinon la Fin d'un Tout. Et puisque Tout se désagrègent, qu'il ne reste rien de la Vie, ni Âme, ni Esprit, dès lors qu'on a accepté de poser le point final à sa vie. Non, l'Ailleurs est l'inconscient humain, le lieu de toutes les réponses. Du moins était-ce sa vision du monde qui, en effet, était bien à elle. Et personne ne la lui ferait changer tant qu'elle ne l'aurait pas choisi de son plain gré. Question de fierté. Ou d'orgueil, c'est selon.

    - Vous savez comme moi que la Défense Contre les Forces du Mal ne requiert pas toujours l'usage d'une baguette, professeur.

    Elle s'adressait ici à l'ancien enseignant de DCFM qu'il était. Elle se demanda d'ailleurs ce qui l'avait poussé à enseigner la Magie Noire, thème contraire à celui de ses premiers cours, mais s'abstint de poser la question. Il existait effectivement des manières de se défendre sans baguette, outre la legimencie, qu'elle ne maîtrisait pas. De même que les moyens de défense qui ne nécessitait pas de baguette magique, dont elle avait vaguement entendu parler, mais dont elle ignorait presque tout. Ses paroles reposaient donc sur de pures spéculations, mais elle avait appris à jouer, tout au long de sa vie. Son existence était faite d'histoire, elle agissait avec les gens comme elle se devait d'agir. Aussi son ignorance sur ce type de défenses passa-t-elle inaperçue. Pourtant, sa capacité à être qui elle voulait être quand elle voulait l'être lui aurait sûrement sauvée la vie. Elle n'avait pas peur des Mangemorts. Si leurs idéaux la révulsaient, elle était fascinée par leur sang-froid, peut-être leur folie, et leur puissance, car nul ne pouvait nier cette dernière.

    - Quoiqu'il en soit, reprit-elle avant qu'il ne réagisse à ses suppositions affirmées. Vivre dans la peur perpétuelle de mourir ne mène à rien. Mieux vaut ressentir chaque seconde de son existence comme s'il s'agissait de la dernière pour apprécier la vie à sa juste valeur que de se priver de toute folie et avoir des regrets quand vient la fin. Vous dîtes que je me ferme à je ne sais quoi, mais c'est faux. Si c'était possible, je me couperai en deux, en mille pour profiter de tout ce que la vie peut offrir. Tenter la mort n'est rien d'autre qu'un moyen de provoquer la vie.

    Elle se tut alors, n'ajouta rien. Car rien ne se produisait en elle, elle ressentait toujours le poids de sa solitude. Mais était-ce bien un poids ? Cette solitude ne lui donnait-elle pas, en fin de compte, des ailes ? Aurait-elle, sans elle, abouti à cette philosophie de vie "bien à elle" ? Elle en doutait. Bientôt, la mascarade cesserait. Son enseignant lui donnerait de braves conseils qu'elle ne suivrait pas, et juste après, elle recevrait son châtiment pour violation du règlement. Elle ne s'était que très peu réchauffée, mais qu'importe, il suffirait de faire comme si elle était belle et bien remise. En espérant qu'elle ne s'écroulerait pas en se levant. Elle posa sa tasse de café vide, seule chose d'ailleurs qu'elle avait du avaler depuis le soir précédent, sur la table basse devant elle et rajusta sa cape de façon à couvrir les parties de son corps dénudée. Elle n'y avait pas prêté attention jusque là, mais sa tenue, bien qu'elle ait pu l'être si elle ne s'était pas rhabillée avec tant de négligence, manquait de décence. Ses sous-vêtements avaient trempés sa robe, certes bien courte pour la saison, mais elle n'avait jamais été frileuse, et cette dernière était froissée. Elle passa ensuite une main dans ses cheveux, déjà plus secs depuis qu'elle était rentrée au château, afin de retrouver une coiffure un peu plus correcte.

    - Mais qu'importe. Comme vous l'avez compris, je n'ai aucune raison valable d'être sortie, et si cette... escapade a pour cause mes insomnies, je m'arrange très bien de celles-ci. Je ne vous promettrai pas de cesser ces virées nocturnes, sans pour autant vous garantir qu'il y en aura d'autres, et je ne puis non plus vous assurer que je serais plus prudente. Ce serait comme... renoncez à être moi-même.

    Elle commençait à ressentir une certaine irritation. Ce sentiment lui était coutumier, mais apparaissait rarement aussi rapidement. Était-ce du à ses confidences ? Peut-être. Toujours était-il qu'il fallait qu'elle se retrouve seule, assez rapidement, si possible. Au risque de devenir méchante et d'aggraver son cas. Elle resta impassible, attendant docilement que son enseignant daigne répondre et la prie de rejoindre son dortoir de suite après lui avoir donné un certain nombre d'heures de retenue. A moins qu'il ne veuille approfondir le sujet. Auquel cas, après l'hypothermie, Louise risquait-elle l'hypoglycémie. En effet, la jeune femme, contrairement à sa soeur Deborah, avait toujours eu la santé fragile, chose qui la désolait, puisqu'elle détestait avoir à recevoir l'aide d'autrui. Avec un peu de chance, elle pouvait encore survivre une petite heure, ce qui devrait être suffisant, puisque le directeur devrait sûrement reprendre sa ronde d'ici peu.
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MessageSujet: Re: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   Dim 3 Avr - 0:24

    - Vous savez comme moi que la Défense Contre les Forces du Mal ne requiert pas toujours l'usage d'une baguette, professeur.

    Bien sur qu'il le savait mais même si ce genre de magie existait, elle n'était pas considéré comme un élément sur. Combien de sorcier avant tenté de la gérer, sans sucés. Outre le fait qu'il fallait être plus ou moins puissant, et connaitre une situation particulière, l'apparition de ce phénomène était bien trop aléatoire pour vraiment pouvoir compter dessus. Ne voulant pas étaler sa science, surtout a une élève qui semblait vraiment avoir été attentive à ses cours, il préféra garder le silence et écouter cette dernière.

    - Quoiqu'il en soit, vivre dans la peur perpétuelle de mourir ne mène à rien. Mieux vaut ressentir chaque seconde de son existence comme s'il s'agissait de la dernière pour apprécier la vie à sa juste valeur que de se priver de toute folie et avoir des regrets quand vient la fin. Vous dîtes que je me ferme à je ne sais quoi, mais c'est faux. Si c'était possible, je me couperai en deux, en mille pour profiter de tout ce que la vie peut offrir. Tenter la mort n'est rien d'autre qu'un moyen de provoquer la vie.


    Pour son age, il est vrai qu'elle était mure. Lui même ne se souvenait que d'un piétre étudiant aveuglé par une ambition sans limite, lorsqu'il essayait se rappeler de ses quinze ans. Il préferai largement l'homme qui l'était devenu à celui qui voulait devenir. Et a choisir, il ne changerait rien. A part peut être l'affreux tableau qu'il s'était acheté et que le prix qu'il avait dépensé pour l'obligé à l'acrocher dans son bureau.

    Quoiqu'il en soit, il la comprenait. La vie offrait tellement de possibilité que s'enfermer sur un chemin serait véritablement une érreur et en même temps, une folie. Mais quand bien même la sagesse serait notre allié, valait il tenter de tout connaitre, de tout resentir. Une véritable course au graal.

    Encore une fois, il se refusa de réagir laissant la jeune licorne trouver les bons mots pour expliquer sa situation.

    - Mais qu'importe. Comme vous l'avez compris, je n'ai aucune raison valable d'être sortie, et si cette... escapade a pour cause mes insomnies, je m'arrange très bien de celles-ci. Je ne vous promettrai pas de cesser ces virées nocturnes, sans pour autant vous garantir qu'il y en aura d'autres, et je ne puis non plus vous assurer que je serais plus prudente. Ce serait comme... renoncez à être moi-même.

    Il ne savait pas vraiment si la bleue comprenait sur quel dilemme il se trouvait. S'il acceptait de la voir trainer dans les couloirs à une heure où elle devrait dormir, c'était laisser la porte ouverte aux autres élèves et ainsi à l'inquiétude des parents qui jugeraient plus sur leur foyer, notamment après l'accident Dwan. Il n'avait pas besoin de ca, ni lui, ni son école.

    - Vous avez vu l'heure ? Retournons à votre salle commune. Dit-il en se levant et en débarrassant la table d'un coup de baguette.

    Dans le couloir, il chercha comment aborder les choses et ainsi bien se faire comprendre. Il était important qu'il fasse référence à son autorité, sans pour autant la braquer.

    - Vous savez... Hésita-t-il. Je ne peux pas fermer les yeux sur vos escapades nocturnes, même si elles font partie de vous. Je ne peux pas non plus vous empêcher d'être vous même. Au final, je ne peux qu'espérer que vous prendrez en compte cette conversation de ce soir la prochaine fois où vous quitterez votre dortoir en pleine nuit.

    Arrivés devant le tableau gardant la salle commune des licornes, il lui dit le mot de passe pour ce dernier laisse entrer Louise.

    - Si un jour, la tentation est trop forte d'aller vagabonder en dehors de votre lit, prévenez quelqu'un. Et Bien entendu, je vous attends dans mon bureau, pour une retenue, tous les soirs de cette semaine. Ne soyez pas en retard.
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MessageSujet: Re: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   Sam 9 Avr - 0:30

    Son professeur acquiesça. Louise se demandait s'il saisissait ses explications ; il lui semblait que oui. Peut-être fut-ce pour cela qu'il ne chercha pas à lui faire entendre raison à la jeune femme : s'il n'y avait quoiqu'il arrive aucun moyen pour qu'elle renonce à sa vision du monde, l'enseignant paraissait conscient de la justesse de son raisonnement. Aussi, sans la contredire, il mit un terme à la conversation.

    - Vous avez vu l'heure ? Retournons à votre salle commune.

    Une fois que Louise eut déposé sa tasse vide sur la table, il rangea la salle d'un sortilège informulé et se dirigea vers la sortie. Louise le suivit docilement, consciente qu'elle ne devait pas aggraver plus son cas. Elle avait besoin d'une douche chaude, et, bien qu'elle refusât de se l'avouer, d'un peu de sommeil. Une fois sortis, le directeur reprit la parole.

    - Vous savez... Je ne peux pas fermer les yeux sur vos escapades nocturnes, même si elles font partie de vous. Je ne peux pas non plus vous empêcher d'être vous même. Au final, je ne peux qu'espérer que vous prendrez en compte cette conversation de ce soir la prochaine fois où vous quitterez votre dortoir en pleine nuit.

    Oui, après tout, il se devait de faire valoir son autorité auprès de son élève. La jeune femme acquiesça.

    - Je comprends, Monsieur. Je vous promets d'essayer de... faire attention, à l'avenir. Je me doute que l'Institut n'a pas besoin d'un nouveau scandale.

    Ils échangèrent un regard entendu. La mort du jeune Dawn n'était pas restée sans conséquence. Louise se demandait si le jeune garçon qui avait été reconnu coupable avait agi de son plein gré, ou sous l'influence de l'Impérium. Mais la justice n'avait pas semblé s'attarder sur la question ; après tout, il leur fallait un coupable au plus vite, pour rassurer les parents. Après, si un innocent croupissait à Nurmengard... Louise frissonna en repensant à la forteresse.

    - Si un jour, la tentation est trop forte d'aller vagabonder en dehors de votre lit, prévenez quelqu'un. Et bien entendu, je vous attends dans mon bureau, pour une retenue, tous les soirs de cette semaine. Ne soyez pas en retard.

    Louise eut un rire nerveux. Il n'avait pas oublié la sanction. Soit. Elle sortirait plus tard. Elle se retourna vers son enseignant avant de passer l'entrée de la salle commune des Licornes.

    - Moi, en retard ? lança-t-elle, sarcastique. Voyons, c'est mal me connaître, monsieur ! Vous savez bien que je ne dépasserais jamais un couvre-feu.

    Et elle disparut dans l'obscurité de la pièce, alors que le tableau se refermait dans son dos.
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MessageSujet: Re: Comme un train qui s'égare, mais qui ne s'arrête pas dans les gares ◊ Nicolas & Louise   

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