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 De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise

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MessageSujet: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Dim 27 Fév - 14:41

    S'absenter du château en pleine nuit avait toujours été un jeu d'enfant, pour Louise. Elle multipliait les astuces, les entorses au règlement et les imprudences pour recouvrer un semblant d'adrénaline, et ce depuis son arrivée à l'Institut. Elle ne s'était jusque là jamais fait prendre ; elle ignorait par quel miracle. Après tout, qui aurait soupçonnée la gentille petite Louise de braver les interdits ? Personne ne savait qu'elle fraudait ainsi, pas même les élèves qu'elle fréquentait. Ces sorties nocturnes étaient son jardin secret.

    Ce soir était un soir comme les autres. Elle était juste un peu plus fébrile que d'habitude. Et donc un peu moins prudente. Elle avait envie de bouger, de partir vite fait bien fait, sans devoir subir la pression qu'elle ressentait quand elle traversait le château pour en sortir, paniquée à l'idée de tomber sur un professeur. C'était toujours la même chose. Elle voulait contourner le problème, mais elle ne voyait qu'une solution, et elle impliquait un facteur risque - ou nécessitait un facteur chance, c'est selon - non-négligeable. Mais son état d'esprit fit qu'elle n'y prêta aucune attention et, portée par son besoin de prendre l'air, mit son plan à exécution.

    Aux alentours de minuit, tous les élèves de sa maison étaient partis se coucher, ce jeudi soir là. Pas étonnant, la fin de la semaine approchait et il y avait cours le lendemain matin. Quand tout ne fut plus que silence dans la salle commune, Louise posa son livre sur la table basse qui lui faisait face. Dans son sac posé à coté d'elle, au pied du fauteuil de cuir, elle saisit simplement sa baguette et se leva. Elle posa sur ses épaules la cape qu'elle avait laissé sur le dossier du siège et clippa le fermoir sur sa poitrine. Elle s'approcha alors de la fenêtre et l'ouvrit. D'un sortilège informulé, elle coupa le courant d'air naissant. Puis elle se hissa sur le rebord de l'ouverture et laissa pendre ses pieds dans le vide avant de refermer la fenêtre derrière elle.

    Elle jeta alors un rapide coup d'oeil aux environs. L'obscurité et le calme régnaient sur le parc, de ce côté-ci du château. Seules quelques fenêtres offraient un semblant d'éclairage. Louise se pencha en avant. Il n'y avait que deux étages à sauter, elle survivrait ; un sort d'amortissement ferait très bien l'affaire. Elle se laissa alors tomber dans le vide. L'espace de quelques secondes, elle se sentit complètement libre ; elle aurait voulu que la chute ne s'arrête jamais. Mais elle reprit rapidement ses esprits et amortit sa chute, si bien qu'elle atterrit avec une douceur extrême, aussi légère qu'une plume.

    La sensation l'avait grisée. Elle sentait son esprit se délier, ses pensées se mouvoir toutes seules, comme des rubans volant dans un vent d'automne. Elle traversa le parc d'un pas léger et gagna la lisère de la forêt Sacrée. Arrivée à l'entrée du bois, elle tira une petite boite métallique de sa poche. Elle pressa une aspérité sur son côté, actionnant l'ouverture, et saisit à l'intérieur une cigarette qu'elle porta à ses lèvres le temps de fermer et ranger la boîte et de trouver un briquet dans les poches de sa cape. Elle prit soin de s'enfoncer un peu sous le couvert des arbres avant d'allumer le petit cylindre blanc. Puis elle marcha, longtemps, ne s'arrêtant que pour allumer une nouvelle dose de tabac de temps à autre.

    Ses pas la menèrent là où ils la menaient toujours : la falaise qui surplombait la mer Noire, la limite ultime du domaine de Durmstrang. Louise ne s'approcha pas du bord. Elle n'avait pas peur du vide, non bien au contraire, le vide l'attirait. Mais elle restait éloignée de l'escarpement, elle résistait. Pour ne pas céder à l'envie de tester cette chute, qui serait, si elle avait lieu, la dernière.

    Mais alors qu'elle vacillait entre euphorie et mélancolie, entre plénitude et spleen, un craquement sourd se fit entendre sur sa gauche, un peu en retrait, derrière elle. Louise se figea. L'avait-on suivie ? Allait-elle se faire attaquer par une bête sauvage ? Était-ce un humain ? Elle l'ignorait. Elle resta immobile, en attente d'un indice quelconque, frustrée d'ignorer l'origine de ce bruit, qui était tout sauf le fruit de son imagination.
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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Dim 27 Fév - 19:08

Ely était bien partie pour faire une seconde nuit blanche. C’était la semaine où les professeurs demandaient le plus de parchemins à rendre et la jeune sorcière s’était visiblement mise en retard à rêvasser comme elle avait l’habitude de faire. Elle avait passé la nuit à finir son devoir en histoire de la magie, recherchant la perfection. Etant sa matière préférée, elle avait souhaité y travailler le plus de temps qu’elle pouvait, ce qui s’était avéré être de neuf heures du soir à cinq heures du matin, ne pouvant dormir que quelques heures à peine. Sa journée avait donc était longue, mais elle avait été fière du travail qu’elle avait rendu. De retour dans sa salle commune, elle se souvint à son grand regret que ce n’était pas le seul parchemin à rendre car, en effet, son professeur de magie noire, Professeur Anouza, avait lui aussi donner du travail. Elle regretta tous ces instants qu’elle avait passés à regarder les autres élèves dans le parc, ou à lire, ou encore à dormir. D’ailleurs, là tout de suite, elle n’avait qu’envie de dormir, purement et simplement. Elle fut agréablement surprise en s’apercevant que le devoir de magie noire ne serait pas si terrible que ça et qu’il suffisait seulement de raconter le cours de pratique, d’y indiquer les résultats, les difficultés, les réussites, afin de ne pas faire les même erreurs la prochaine fois. Elle avait tellement de mal à se concentrer sur son devoir qu’elle mit une heure pour décrire uniquement l’exercice. Elle mit le point final quelques heures plus tard puis déposa sa tête sur ses bras, tous deux croisés sur la table. Elle n’avait qu’une envie, prendre l’air, respirer la fraîcheur du soir. La salle commune était vide, se faisant tard à présent. Cette envie se retranscrit dans ses rêves.

Ely se sentait légère, elle venait de sauter sur un arbre, puis d’arbres en arbres. Elle savait où elle se trouvait : dans la Forêt Sacrée. Elle se sentait tellement libre, tellement sereine, tellement légère. Elle pouvait observer le ciel sombre dans toute sa splendeur, et les quelques lumières qui illuminaient le château ressemblaient à des étoiles. Le ciel semblait s’ouvrir devant elle. Elle bougeait à une vitesse incroyable, sentant l’air frais tout contre elle. Tout stress avait disparu, toute fatigue, elle se ressentait ni douleur ni pression, c’était le calme absolu dans son esprit. Puis elle descendit progressivement de l’arbre où elle se trouvait, d’une facilité devenue inquiétante. Elle observa tout autour d’elle. Elle se trouvait sur une falaise, ou du moins non loin de là. Elle reconnu la falaise qui dominait la Mer Noire. Elle n’y avait été qu’une seule fois lors de sa visite de rentrée à Durmstrang, une tradition qui permettaient aux élèves de connaître au moins une fois les lieux qui ne leur étaient pas toujours autorisés lorsqu’ils étaient seuls. Elle se sentait libre, certes, mais une certaine angoisse apparu. C’est lorsqu’elle s’aperçut que sa vision se limitait au sol qu’elle comprit. Elle ne dormait pas. C’est son corps qui, assailli de fatigue, lui avait peu à peu donner sa forme animal : un petit écureuil noir, haut comme un lutin de Cornouaille. Elle ne dormait pas non, mais sa métamorphose s’était faite sans contrôle et lui avait donné l’impression de sommeil. Cela l’avait reposé puisque son corps était apparu comme complètement différent et beaucoup moins complexe à nourrir. Se rendant compte de cela, la panique monta. Elle sentait son corps en transformation.

Peu à peu, son champ de vision changea et elle voyait à présent d’une hauteur bien différente, bien plus dominante. Sa fourrure disparu peu à peu, laissant place à des bouts de tissus appelés communément vêtements, et ses petites pattes arrières devinrent de longues jambes humaines. Les griffes, de belles mains. Son visage se féminisa en laissant apparaitre une peau lisse de jeune fille. Elle se calma et sentit à nouveau une certaine fatigue, mais beaucoup plus atténuée que celle qu’elle avait avant.
Mais comment je vais sortir de là ? fut sa première pensée. Elle s’avança peu à peu et s’aperçut qu’elle n’était pas seule, reconnaissant avec soulagement une élève de sa maison.


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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Lun 28 Fév - 0:22

    Tendue, Louise attendit encore quelques secondes sans bouger. Mais rien ne vint, le silence semblait être retombé. Intriguée, elle se retourna dans le but d'élucider ce mystère, convaincue d'être paranoïaque. Mais il n'en était rien. Il y avait bien quelqu'un qui se tenait là. La jeune femme plissa légèrement les yeux, afin de mieux distinguer les traits de l'individu. Une chevelure sombre, une silhouette fine de danseuse étoile, un visage doux... Louise ne tarda pas à reconnaître sa camarade.

    - Ely ? voulut-elle néanmoins s'assurer.

    Rassurée par cette présence familière, Louise s'approcha de la jeune femme, se faufilant entre les branches mortes et noueuses. Elle laissa néanmoins une certaine distance entre elles ; elle n'avait jamais vraiment discuter avec Ely, sinon pour échanger des banalités ou lui demander de l'aide en métamorphose, matière dans laquelle la petite brune excellait.

    - Je me disais bien que j'avais entendu quelque chose, ajouta-t-elle.

    Elle sourit à la jeune femme, comme elle souriait toujours aux gens. C'était une chose qu'elle avait rapidement apprise à faire pour être tranquille à Durmstrang, une chose qu'elle avait acceptée malgré ses réticences. Mais il fallait bien ça pour survivre, pour faire face. Elle s'était forgé un masque d'apparent bien-être pour éviter les questions dérangeantes et les médisances ; cela s'était révélé pour le moins efficace.
    Elle scruta rapidement le visage de la jolie brune à travers l'obscurité. La lumière fantomatique de la lune allumait ses traits d'une teinte blafarde, rendant sa peau déjà laiteuse presque diaphane et donnnt à l'ébène de ses cheveux une profondeur inquiétante. Le contraste faisait ressortir ses prunelles sombres que soulignait la fatigue. La jeune femme semblait en proie à un manque de sommeil qu'une nuit ne comblait jamais vraiment.
    Louise ne put s'empêcher de se demander pourquoi elle n'était pas allé se coucher si la fatigue lui pesait, mais après tout, Ely n'était peut-être pas aussi fatiguée qu'il y paraissait. Toujours est-il que Durmstrang lui avait aussi appris qu'il valait mieux poser les questions que de se voir interrogée. Et si elle ne voulait pas délibérément mettre sa camarade dans l'embarras, elle manœuvra de sorte que la conversation ne prenne pas un tour trop personnel, sans pour autant tomber dans l'officiel barbant et conventionnel.

    - Je pensais être la seule de notre sage et gentille maison à sortir la nuit, avoua-t-telle.

    Le sarcasme était perceptible. Les élèves qui intégraient les Licornes avaient tendance à se laisser influencer par la réputation studieuse de la caste. Louise leur reprochait de se laisser faire aussi facilement. Certes cela ouvrait aux élèves les portes de prestigieux avenirs, mais est-ce que cela ne leur dérobait pas du même coup des expériences que vivaient quotidiennement d'autres élèves ? Louise se le demandait. Elle avait trouvé le moyen d'échapper à ce qui lui semblait être une mascarade. Partiellement. Elle restait au théâtre et se prêtait au jeu tant que durait le jour mais une fois la nuit tombée, elle fuyait dès que possible.
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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Mar 1 Mar - 23:24

Ely ne prit pas tellement de temps pour être sûre d’apercevoir Louise, une élève de la sa propre-maison, les licornes. Elle se souvient, la première fois qu’elle l’avait vue, elle avait admiré sa beauté et son apparence si simple cependant. C’était bien la première fois pourtant qu’elles se retrouvaient seules, toutes les deux, face à face, depuis toutes ces années. Si Ely n’osait pas s’approcher, bien qu’elle connaissait Louise et semblait l’apprécier. Il ne fallait pas oublier que la jeune sorcière n’était pas vraiment venue ici de son plein grés, et qu’à dire vrai, elle n’avait divulgué son secret qu’à une poignée de personnes à peine. Il va bien falloir pourtant, à un moment donné, expliquer d’une manière ou d’une autre sa présence si loin du château.

Bonsoir Louise, c’est bien moi oui.

Elle parut rassurée lorsqu’elle vit Ely arriver pour de bon. Elle l’avait bien reconnue et n’avait visiblement pas rêvé les pas qu’elle avait entendu. Une cigarette à la main, la grande blonde sembla examiner la petite brune, remarquant son apparence peu flatteuse de ce jour. S’avançant peu à peu de la falaise, Ely se sentit pourtant très libre, à présent qu’elle n’était plus seule. Elle espéra que sa présence de dérange pas Louise, qui était une fille qui aimait être dans son univers, du moins c’est le peu qu’elle connaissait de cette jeune fille. Ely commença finalement par se demander si elle ne pouvait pas tout simplement s’inventer l’envie de venir ici en pleine nuit, s’inventer le courage d’avoir traverser seule tout ce terrain, s’inventer la déraison de venir ici contre le règlement. Il fallait qu’elle tienne le coup des mensonges si elle voulait que tout cela tienne debout. Malheureusement, Ely se doutait qu’à un moment ou l’autre, elle finirait par se trahir. Elle se demanda encore comment elle pourrait passer à la trappe son apparence animalière. S’étant avancée, la jeune femme ne voyait plus Louise puisqu’elle l’avait légèrement de dos. Elle s’inventa tout d’un coup une fascination pour la falaise et ses environs.

Comme tu vois, tu n’es pas seule. J’espère que ma présence de te dérange pas.

Ely commençait à apprécier de plus en plus cette liberté, la fraîcheur de la nuit et la douce brise qui s’était emparée de l’immense Forêt Sacrée. Le bruissement des feuilles semblait de faire discret mais dans le silence de la nuit, on entendait que lui. La jeune sorcière s’assit au sol, et observa loin devant elle, attendant une réponse de la part de Louise. Elle pensa que sa présence était plutôt agréable car, finalement, les deux jeunes femmes n’étaient pas tellement différentes. Elles aimaient avoir une certaine solitude, et bien qu’avec une conversation peu enrichissante, le silence était bien suffisant pour savourer des moments particulièrement agréables. Ely profitait de ce moment-là, une nuit en pleine semaine, bien loin du château, où la fatigue l’avait menée jusqu’à ce magnifique endroit. Elle regretta de n’avoir eut l’idée plus tôt, c’était bien plus paisible que tous les autres endroits qu’elle avait trouvé afin d’être au calme, et pourtant, il fallait dire qu’Ely en avait cherché des lieux où elle se sentait à l’aise loin des autres, mais celui-là était vraiment au-dessus de ses espérances.
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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Mer 2 Mar - 15:06

    Ely s'était avancée vers la falaise. Elle avait l'air d'apprécier l'endroit, et Louise se demanda si elle venait souvent ici.

    - Comme tu vois, tu n’es pas seule. J’espère que ma présence de te dérange pas.

    D'un pas mal assuré, la petite blonde s'avança vers sa camarade, quittant doucement le couvert des arbres pour atteindre la lisière du bois. En contre bas de la falaise, elle pouvait entendre les vagues furieuses de la mer Noire se briser avec fracas contre les pierres. Elle aurait voulu s'approcher pour contempler le spectacle, voir l'écume s'envoler, éparse, dans les airs pour retomber dans la danse infernale des eaux. Mais elle resta, bien sagement, en arrière d'Ely.

    - Non, ne t'en fais pas. Si je me complais dans la solitude, un peu de compagnie n'est pas pour me déplaire, confessa-t-elle avec un sourire que la jeune femme, dos à elle, ne put voir.

    Pourtant, pendant longtemps, elle avait rejeté la seule présence dont elle pouvait bénéficier : sa sœur, la jolie et pleine de vie Deborah. Elle avait toujours été la préférée de leur nourrice, mais Louise n'avait jamais été jalouse. Du moins s'en était-elle persuadée. Quand Debbie jouait avec la gouvernante, la petite blonde taciturne se plongeait dans la littérature, à la recherche d'un peu de compagnie, même fictive. Elle s'était faite à la solitude, y avait été élevée, l'avait apprivoisée pour s'en faire une amie. Mais à Durmstrang, elle avait appris à se passer de cette amie pour favoriser le contact, même superflu, avec les vivants. Avait-elle réussi ? Pas franchement, la solitude lui collait à la peau ; elle n'arrivait plus à s'en passer, venait la retrouver la nuit, comme dépendante. Alors oui, elle appréciait la présence d'Ely, parce qu'elle chassait celle de son éternelle amie, pour une nuit.

    - Tu viens souvent ici ? finit-elle par demander.

    La question, maladroite, lui avait échappé. Elle se mordit la lèvre inférieure, hésitant à se reprendre, à excuser sa familiarité. Mais déjà, Ely lui offrit une réponse, sans sembler avec senti son malaise.
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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Mer 2 Mar - 23:53

Bien qu’elle ne la voyait pas, Ely écoutait attentivement la jeune femme. Au moins, elle était rassurée, sa présence n’était pas une contrainte pour Louise. Cette dernière demanda si Ely venait souvent ici. Qu’était-il le mieux ? Qu’elle mente ? Non, sur ce point-là, elle pouvait au moins dire la vérité, prenant ce jour comme une exception. Pourtant, Ely prenait une certaine confiance, pas encore bien marquée, mais elle sentait qu’un lien amicale était en train de s’établir entre les deux filles. Mentir la mettait mal à l’aise en ordre général, mais devant Louise, ça semblait encore pire. Elle eut le pressentiment que sa nouvelle amie ne perdrait pas de temps à savoir le petit secret de la jeune Ely. Elle respira profondément, favoriser l’ordre dans ses idées, et décidé de continuer la conversation.

A dire vrai, c’est la première fois que je viens ici, c’est vraiment très agréable.

Et c’était le cas. Elle appréciait abondamment cet endroit, et plus elle y pensait, plus elle se rendait compte que c’était, de toute sa vie, et non seulement depuis son arrivée à Durmstrang et au château, qu’elle se sentait si bien. Elle ferma ses paupières de plaisirs, savourant la brise sur son visage et l’air pure dans ses narines. Elle se sentait heureuse, et la fatigue semblait quelque chose de bien éloignée d’elle en ce moment-même.
Que c’est agréable de se sentir si libre ! La présence de Louise passait quasi-inaperçue dans le dos d’Ely, bien que cette dernière n’oubliait en rien la présence de celle-ci. Elle était contente de ne pas être seule pour une fois, elle sentait qu’elle partageait un bon moment avec quelqu’un, et les paroles n’étaient qu’accessoire à côté de tout cela.

Toi en revanche, tu as l’air d’être plutôt une habituée.

Contrairement à Ely, Louise ne semblait absolument pas perdue, et plutôt même très à l’aise. Elle se l’était comme approprié, comme un deuxième, voire troisième si l’on comptait Durmstrang, chez-soi. Les deux jeunes filles ne se regardaient même pas, en tout cas, Ely ne sentait pas de regard sur elle, mais elle pouvait se tromper. Cela ne sembla déranger personne, les deux filles étaient un peu pareilles, et ce fut un heureux hasard que de les voir retrouvées ici ce soir. D’ailleurs, ne connaissant pas très bien sa camarade, Ely ne savait pas d’où venait ce besoin de solitude. Peut-être qu’en se connaissant davantage elle le saurait un jour. Elle n’était pas de nature très curieuse. Enfin, ça dépendait. En tout cas, n’ayant pas eut une enfance particulièrement calme, elle respectait le silence des gens sur leur passé, c’était la moindre des choses lorsqu’on était pudique de sa propre histoire. Elle se disait que si la conversation dérivait ainsi, ce serait tant mieux pour leur « relation » mais que dans le cas contraire, ce ne serait pas non plus trop grave. Ely décida d‘attendre ce que le temps déciderait…

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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Sam 5 Mar - 16:53

    - A dire vrai, c’est la première fois que je viens ici, c’est vraiment très agréable.

    Louise sourit de nouveau, attendrie par sa camarade. Elle se rappelait la première fois qu'elle avait découvert la falaise. Ses pérégrinations nocturnes l'avait menée en bordure de forêt totalement par hasard. Elle avait entendu le bruit des vagues et s'était approchée par curiosité. Mais quand elle avait découvert la mer Noire, brillant d'un éclat morbide sous la lumière de la lune, elle avait été fascinée par le paysage. Ça avait été comme si les ténèbres présents avaient aspiré tous ses tourments, la libérant d'un poids qu'elle méprisait. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle s'était sentie libérée de ses contraintes, sereine.

    - Toi en revanche, tu as l’air d’être plutôt une habituée.

    C'était vrai, même si Louise se demanda comment la jeune femme en était parvenue à cette conclusion. Son aisance à évoluer dans ce lieu était-elle à ce point perceptible ? Il était vrai qu'elle connaissait chaque branche, chaque pierre des environs. Elle aurait pu se mouvoir sur la falaise les yeux fermés.

    - C'est un peu mon... refuge nocturne, avoua la petite blonde. J'y viens presque chaque nuit.

    Elle avait parlé d'une voix étrange, presque dans un murmure, comme si cet aveu scellait quelque chose entre les deux Licornes. Pourtant, Louise ne se leurrait pas ; cela ne faisait que quelques minutes que les jeunes femmes discutaient, alors que depuis des années qu'elles se côtoyaient, elles n'avaient jamais pris le temps de se connaître. Cela dit, elle sentait que si un quelconque hasard les avait réunis ici cette nuit, ce ne serait pas sans conséquence sur la relation qu'entretenaient les deux jeunes femmes.

    - Mais tu y es la bienvenue, ajouta-t-elle.

    L'invitation était sincère. Un peu de compagnie de temps à autre, même la nuit, elle devait bien se l'avouer, ne lui ferait aucun mal.
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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Mer 9 Mar - 14:07

C’était plutôt étrange comme conversation puisque les deux filles se regardaient à peine. C’était comme laisser flotter des mots dans un douce brise et attendre qu’ils atteignent leur destinataire. Mais ça n’avait rien de désagréable, au contraire, ce semblant de ralenti montrait qu’il suffisait parfois de se poser pour voir que la vie pouvait âtre agréable. Même si c’était parfois nécessaire pour certaines personnes, la solitude donnait parfois une impression d’arrêt de temps, alors que vivre la vie au ralenti était bien plus intéressant. Elle savoura ce ralenti. Puis détourna sa tête vers la jeune femme qui se trouvait derrière elle, histoire de pouvoir l’admirer encore un peu. Un visage doux et de beaux cheveux blonds, une « marque de fabrique » qui devait en faire fantasmer bien plus d’un. Ce n’était évidemment pas pensé péjorativement, juste une supposition. Louise avait tellement l’air de ne pas apporter d’importance à la présence des autres que le mot « bienvenue » sonnait à la limite faux. Ely n’y fit pas attention, elle aimait parfois elle aussi ses moments de solitude.

C’est gentil. C’est vrai que la nuit, tout change complètement. On ne se croit jamais vraiment dans le monde réel.

Sans partir dans une grande philosophie, c’est un peu ce qu’avait toujours pensé Ely à propos de la nuit. Si ses envies de ballades nocturnes ne s’étaient pas présentées depuis longtemps, elle n’était pas mécontente du sort qui lui avait été choisi pour ce soir. Elle sourit à Louise, pour ses paroles de bienvenue, peut-être dans un léger décalage, qui ne faisait que creuser encore un peu plus cet espace ralenti. C’était étrange de se dire qu’elles étaient toutes les deux ici alors que des centaines et bien plus dormaient tranquillement dans leurs lits douillets. Ely n’y avait pas pensé plus tôt, probablement trop occupée à vivre l’instant présent, mais comment parviendront-elles à retourner au château sans se faire prendre ? Autant elle ne se sentait pas en danger ici, autant au château, les professeurs ne pensaient pas vraiment la même chose. Ely avait sa petite idée pour rentrer, encore fallait-il qu’elle parvienne à se métamorphoser sous contrôle, mais elle ignorait totalement comme la jeune femme ferait elle aussi…

Ma question va peut-être te paraître étrange mais… Comment vas-tu rentrer ?

Elle regretta aussi que les mots furent sortis. La question pourrait lui être retournée. Et comment Ely était-elle sortie ? Comment comptait-elle rentrée ? Comment allait-elle simplement expliquer cela ? Après tout, une certaine (micro) confiance semblait s’être installée, et Ely n’avait plus vraiment peur d’aborder le sujet à présent, ce n’était pas un tare de se métamorphoser. Quoique, les dents et les griffes n’étaient pas ses parties préférées de l’animal. Elle regarda autour de la jeune femme, admirant par la même occasion le paysage qui les entouraient dans la pénombre. On ne voyait presque rien, seulement des petits faisceaux lumineux de la lune qui reflétaient dans l’eau, mais presque rien comparé au noir des arbres. La nuit était bel et bien tombée sur elles, une métaphore qui la faisait bien sourire. Comment une nuit pouvait-elle tomber ? Comme si un rideau d’obscurité s’abattait sur Durmstrang et ses environs. Comme si le ciel lui-même avait décidé qu’il était temps pour les élèves de ne plus vagabonder dans les couloirs, ou dans le parc. Le temps était vraiment étrange, il fallait l’avouer.


Dernière édition par Ely Screat le Dim 13 Mar - 12:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Jeu 10 Mar - 1:35

    Une brise légère se leva, chargée d'embruns salés. Louise inspira à pleins poumons cet air pur, le savourant comme elle savourait une cigarette, bien que la chose fut paradoxale. Le courant d'air marin tournoya autour des deux jeunes femmes, agitant doucement leurs cheveux. Puis la brise s'enfuit au loin alors que Ely se tournait vers elle. Après un bref instant durant lequel leurs regards se cherchèrent, se croisèrent et enfin s'accrochèrent, la jolie brune prit la parole.

    - C’est gentil. C’est vrai que la nuit, tout change complètement. On ne se croit jamais vraiment dans le monde réel.

    Louise acquiesça. Oui, la nuit, tout avait cet aspect... irréel, justement. Les couleurs disparaissaient, emportant tout contraste avec elles. Le temps semblait suspendu, le reste du monde absent. Louise n'avait jamais été un être diurne. Le jour, la lumière ne lui correspondaient pas. Une fois le soleil couché, elle se sentait mieux, à défaut de se sentir bien. La lune était synonyme de promesses de secrets bien gardés, et les étoiles étaient autant de petits mystères. Levant les yeux vers le ciel, Louise repéra quelques constellations, et elle eut un faible sourire, empli de mélancolie. Toute jeune, elle s'était beaucoup intéressée à l'Astronomie, d'où ses facilités dans le cours du même nom, aujourd'hui. Elle avait mémorisé des dizaines de planètes, nébuleuses ou autre, connaissait leur nom, savait les localiser et pouvait énumérer chacune des significations de tel ou tel mouvement. Enfant, elle avait espéré, rêve absurde de gamine, devenir une étoile. Elle en avait parlé à sa soeur, mais celle ci avait seulement rit, brisant ses illusions.

    - Ma question va peut-être te paraître étrange mais… Comment vas-tu rentrer ?

    Louise cligna des yeux et regarda sa camarade avec curiosité. En effet, la question lui paraissait étrange. Elle ne se souciait jamais du retour au dortoir, ou si peu. La plupart du temps, elle usait seulement de la discrétion la plus extrême, multipliant les tours et les détours pour échapper à la surveillance des membres de l'équipe éducative et rejoindre sa salle commune sans accroc. Mais il lui arrivait de ne pas rentrer, de rester au dehors jusqu'à l'heure de son premier cours, passant quelques fois en cuisine pour une petite collation. Et parfois, elle improvisait, comme elle le ferait certainement ce soir-là.

    - Eh bien, commença la jeune femme. Je ne sais pas encore si je vais rentrer avant les cours, mais j'imagine que si c'est le cas, je rentrerai comme je suis sortie : par la fenêtre.

    Elle sourit à Ely. La jeune femme semblait troublée, comme si elle regrettait d'avoir posé la question. Louise hésita à lui demander si quelque chose n'allait pas, mais se ravisa ; même si quelque chose de particulier naissait entre les deux licornes, comme une amitié interdite, elle estimait qu'elle n'avait pas à poser la question. Si elle voulait lui faire part de quelque chose, elle le ferait, la petite blonde n'avait pas à la questionner sur des sujets qui ne la regardaient pas ou si peu.

    - Comment es-tu sortie, toi, au fait ? demanda-t-elle avant que Ely n'ait pu réagir à sa réponse. Je pensais que tout le monde dormait, quand j'ai quitté la salle commune... Visiblement non, ajouta-t-elle avec un sourire.
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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Dim 13 Mar - 13:17

Les paroles de Louise etonnèrent grandement Ely.

« Je ne sais pas encore si je vais rentrer avant les cours, mais j'imagine que si c'est le cas, je rentrerai comme je suis sortie : par la fenêtre. »

D'une certaine manière, les deux jeunes femmes avaient eut le même moyen d'évasion, la fenêtre, bien qu'ELy avait un peu triché sur le coup. Louise avait donc l'habitude de passer toute la nuit dehors dans certaines situations ? Ely se sentait un peu froussarde à côté de ça, elle n'aurait jamais eut l'idée de passer l'intégralité de sa nuit au dehors, la nuit serait devenue bien trop noire à son goût peut-être bien, ou alors elle aurait peur des rencontres qu'elle aurait faite. A dire vrai elle ne sait pas pour quelle raison elle aurait peur de s'aventurer durant des heures et des heures jusqu'au matin dans la forêt sacrée de Durmstrang, simplement parce que ça ne lui était jamais venu à l'esprit. A nouveau, Ely ne sut si elle devait mentir, ou si cette jeune femme était digne de confiance. Comment en être sûre après seulement quelques minute de discussion des plus normales. Ely retourna à la contemplation de la falaise.


« Mon apparence d'écureuil est parfois très utile pour sortir de l'école.»

Les mots s'étaient enchaînés, visiblement, Ely avait pris confiance en la jeune Licorne, d'un seul coup, et s'était confiée. Elle sourit à sa propre révélation, après tout, ça n'avait rien d'un secret. Il est vrai qu'aux yeux de Durmstrang elle l'avait toujours caché, peut-être pour ne pas découvrir le fond de l'histoire, mais le fait est qu'elle était en train de devenir progressivement un animagi, et qu'avec de l'entraînement elle pourrait être très douée dans sa propre métamorphose. Elle se rappela de ses tous premiers entraînements avec ses parents, une fois qu'elle avait pris conscience de ce qu'elle était en train de devenir, de nombreux accidents étaient arrivés. Une fois, elle n'était pas parvenue à métamorphoser ses jambes, alors que le reste du corps était entièrement couvert de poils, sa forme de visage était devenue celle d'un écureuil, mais deux longues jambes nues restaient encore apparentes. Bien heureusement, aucun de ces accidents ne lui avait causé de graves dommages, et les effets indésirables de sa métamorphose n'avaient jamais duré plus de deux heures.

« J'étais en train de travailler, et je me suis endormie. »

Son explication pouvait paraître plutôt étrange. Il était clair que lorsque l'on avait pas vécu le moment avec elle, on ne pouvait vraiment comprendre ce lien entre "s'endormir" et "se métamorphoser", même elle ignorait que son manque de contrôle pouvait être également lié à la fatigue. Elle se demanda si elle aurait la force de reprendre son apparence d'écureuil pour reprendre la route de l'école et pouvoir repasser par la fenêtre, sautant d'arbres en arbres. La conséquence de ne pas faire ses devoirs en temps et en heure avait tout de suite pris un sens bien plus compliqué que ce qu'elle avait imaginé.
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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Ven 18 Mar - 23:46

    Avant de répondre, Ely lui tourna de nouveau le dos, offrant son visage à la caresse des vents marins.

    - Mon apparence d'écureuil est parfois très utile pour sortir de l'école.

    Sans mot dire, Louise arqua un sourcil. La jeune femme était-elle une animagus ? Son second sourcil se haussa, trahissant une surprise admirative que la... femme-écureuil, donc, ne vit pas. Jamais elle n'aurait soupçonné sa camarade, aussi discrète et mystérieuse qu'elle, de détenir un tel don. Elle se demanda quels évènements avaient pu l'amener à devenir animagus, mais la question était clairement indiscrète ; il y avait parfois des interrogations qu'il valait mieux garder pour soi, et celle là en était.
    Mais rapidement, la surprise de la bleue se transforma en amertume, presque en jalousie. Non pas qu'elle eut désiré avoir le don d'Ely. Mais elle lui en voulait, en quelque sorte, de ne pas avoir partagé ce secret avec elle plus tôt. Stupide égoïsme humain auquel elle n'échappait pas ! Pourtant, elle savait pertinemment qu'auparavant, elles n'avaient jamais eu l'occasion de se parler comme elles le faisaient maintenant. Elles se s'étaient quasiment jamais adressée la parole, hors contexte scolaire. Comment pouvait-elle reprocher à Ely de ne jamais lui avoir parlé de sa capacité à se métamorphoser en animal ? D'autant plus qu'elle doutait d'avoir partagé une telle chose avec elle à sa place. Mais de toute façon, Louise n'avait rien à cacher d'autre que ses tourments d'adolescente qui n'a pas vu son enfance passer parce qu'elle a grandi trop vite, trop seule.

    - J'étais en train de travailler, et je me suis endormie.

    Ces quelques mots éveillèrent la curiosité de Louise, évinçant toute trace de sentiment hargneux et injustifié. Ainsi, elle n'avait pas eu si tort que cela : tout le monde dormait à son départ, si elle en croyait les paroles de la jeune femme. Mais si elle disait vrai, elle avait du se réveiller et se transformer un peu plus tard ou... Louise n'avait jamais excellé, en métamorphose, sans pour autant avoir trop de difficultés. Toujours est-il qu'elle n'avait jamais approfondi la question de la métamorphose humaine. Aussi préférait-elle éviter de trop conjecturer sur le sujet.

    - Quand as-tu quitté la salle commune, du coup ?

    L'emploi du temps de la Licorne lui échappait. Était-elle partie avant, ou après elle ? Si elle avait bien compris, elle s'était métamorphosée pour échapper à la surveillance intense qui pesait sur la château et ses élèves depuis le sinistre de l'affaire Dawn. C'était astucieux, rusé, elle ne pouvait nier l'intérêt d'être un animagus. Pourtant, en en devenant un, Louise avait peur de se perdre entre deux identités, l'une humaine, l'autre animale. Car si l'esprit, l'âme était la même, la manière de penser, de ressentir était différente. C'était un risque qu'elle avait peur de prendre. Elle voulait vivre sa vie entièrement, pleinement, ne pas en perdre une seule seconde. Ne pas se laisser tenter par des chemins de traverse qui la détournerait de sa route initiale.
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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Sam 16 Avr - 17:37

Pour les deux jeunes femmes, le temps était un mystère pour leur sortie nocturne. Peut-être que Louise n'avait pas vu Ely en train de travailler dans la salle commune, après tout, elle n'était peut-être pas visible de tous les coins de la pièce, et l'autre licorne n'avait pas fait attention. Ou alors, Ely avait complètement perdu la notion du temps et ne s'était absolument pas rendue compte de l'heure à laquelle elle avait commencé ses devoirs. Ce n'était pas non plus très important, puisqu'elles s'étaient retrouvées toutes les deux ici. Le principal restait qu'elles avaient toutes deux réussis leur "évasion".

« J'imagine que je suis partie bien après toi du château, puisque je me souviens avoir été très rapide pour parvenir jusqu'ici, sautant d'arbres en arbres. »

Le fait d'imaginer que tout cela n'était pas un rêve lui paraissait très étrange. Cela lui était apparu comme irréel, dépendant totalement de la fantaisie. Et pourtant, elle avait bel et bien fait tout ce chemin, si près du ciel, si loin de la terre ferme. Elle en eut un vertige à tel point cette situation lui parait peu vraisemblable. Elle décida d'exposer toutes les variantes de sa réflexion.

« Ou alors je suis restée des heures dehors à me déplacer ainsi, mais je doute sincèrement de ma capacité d'Animagi pour que ce soit réellement le cas. Peut-être ne m'as-tu simplement pas aperçue dans la salle commune quand tu es sortie furtivement. »

Ely croyait plutôt en cette dernière supposition qui paraissait vraiment la plus plausible. Elle commençait un peu à avoir froid. Comme elle ne s'était pas imaginer une seule seconde qu'un devoir de magie noire l'emporterait si loin de la salle commune, elle n'avait pas pris la peine de se couvrir, et l'air marin commençait à se faire sentir sous ses vêtements. La fatigue la regagnait peu à peu même si l'atmosphère lui faisait énormément de bien. Elle ne voulait plus réfléchir une seconde de plus et n'attendait plus que son retour dans son lit. Elle appréciait énormément sa situation actuelle, et souhaitait revenir encore et encore, mais il fallait avouer qu'elle avait tout de même passer une très longue journée, et que l'appel du lit résonnait de plus en plus dans sa tête. Elle préféra cependant ne pas faire part de cette envie à Louise, dont elle aimait la présence, et fit tout ce qu'elle pouvait pour reprendre ses esprits et rester à ses côtés. Cette soirée allait rester gravée dans sa mémoire, bien qu'elle était également synonyme d'une infraction au règlement de l'école. Depuis qu'elle était préfète, elle avait un peu plus de responsabilités et elle ressentit pendant une fraction de seconde une sensation de culpabilité. Après tout, tant qu'elles ne se faisaient pas prendre, elle n'avait rien à se reprocher. Elles étaient prudentes et n'étaient pas sorties dans l'idée de faire une bêtise, simplement pour être libres. Ely doutait de la compréhension des professeurs si elles se faisaient prendre, mais l'important était de croire en ces propres idées, non ?

« Tu as plus de mérite que moi d'être ici, je dois avouer que sans ma transformation, je ne serais jamais parvenue à m'échapper de la salle commune. »

Il était vrai que ce n'était pas son fort d'enfreindre des règles avec discrétion. Elle n'avait pas souvent été dans ce genre de situation, mais elle se souvint de petites bêtises de son enfance que ses parents découvraient dans la minute où elles étaient effectuées. C'était surement pour cette raison qu'Ely ne prenait plus la peine de ne pas respecter le règlement, puisqu'elle était sûre que, quoi qu'elle face, une sanction serait à la clé. Elle fut ainsi fière d'être ici, espérant tout de même être dans la capacité de revenir dans le château. Ou après tout, elle pouvait rester avec Louise, elle semblait être une habituée. Peu importait, cette nuit serait inoubliable.
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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Mer 27 Avr - 16:47

    - J'imagine que je suis partie bien après toi du château, puisque je me souviens avoir été très rapide pour parvenir jusqu'ici, sautant d'arbres en arbres.

    C'était possible, oui, mais pourtant, cela ne faisait pas si longtemps que Louise avait quitté la salle commune des Bleus. Une heure, deux à tout casser. Elle ne dit mot, laissant la jolie brune reprendre.

    - Ou alors je suis restée des heures dehors à me déplacer ainsi, mais je doute sincèrement de ma capacité d'Animagi pour que ce soit réellement le cas. Peut-être ne m'as-tu simplement pas aperçue dans la salle commune quand tu es sortie furtivement.

    Ely proposait là une explication plus que correcte, mais effrayante. Louise avait-elle violé le règlement sous le nez de la préfète de sa maison sans même s'en rendre compte ? Son subconscient tentait-il de lui faire passer un message... ? Bah, elle avait décidément trop planché sur son devoir de divination ! Pourtant, elle s'était déjà faite collée quelques jours plus tôt pour s'être octroyé une baignade nocturne, une promenade du même genre, même avec la préfète, lui coûterait, si on leur tombait dessus quand elles rentreraient. Elles allaient devoir ruser... Mais elles n'en étaient pas là.

    - Si c'est le cas, ce n'est pas rassurant pour moi ! s'exclama la petite blonde avec un sourire. Je vais finir par me faire prendre, si je manque tant de précautions.

    Pourtant, cette simple idée - se faire prendre - ne la dérangeait plus comme avant, quand elle estimait que les retenues et autres punitions étaient une tare qu'elle s'évertuait à esquiver. Aujourd'hui, cela lui apparaissait comme quelque chose de justifié, presque comme un dû, comme si chaque chose devait avoir une conséquence, être une cause. "Prouver quelque chose ?" se demanda-t-elle. A moins que...

    - Tu as plus de mérite que moi d'être ici, je dois avouer que sans ma transformation, je ne serais jamais parvenue à m'échapper de la salle commune.

    Louise laissa échapper un léger rire, pas moqueur pour une noise, ce qui était pour le moins étonnant de sa part, elle qui ne riait que très rarement, sinon pour railler quelqu'un.

    - Si mérite il y a, n'est-il pas plutôt dans le retour ? interrogea-t-elle, sans vraiment attendre de réponse.

    Elle passa devant son amie et s'approcha dangereusement de la falaise. Quand elle fut arrivée à son bord le plus extrême, ses orteils au dessus du vide, elle s'adonna à un exercice d'équilibre des plus risqués, pliant les genoux pour s'asseoir et glisser une jambe sous sa cuisse, un pied dans le vide.
    Elle craignait un peu d'avoir fait peur à Ely. Avait-elle crut qu'elle allait se jeter dans le vide ? Il était vrai que l'idée trottait dans la tête de la petite blonde depuis quelques temps. Quant à la mettre en application... Il s'agissait là d'une toute autre chose.

    - Jusqu'à il y a peu encore, personne ne se doutait que la parfaite petite Louise Krynska se permettait des virées nocturnes quand cela lui chantait, -c'est à dire chaque ou presque, commença-t-elle. Quel mérite peut-on tirer de quelque chose que personne ne sait, sinon une satisfaction personnelle, cela va de soi. Mais quand on ne s'estime plus, à cause de... certaines choses, la reconnaissance des autres devient peut-être le seul moyen de retrouver l'estime de soi, non ?

    Que tout le monde sache, mais que personne ne puisse prouver qu'elle fut l'auteur de tel ou tel fait, telle était la machiavélique entreprise que Louise aspirait à mettre en marche. Dans les limites de la légalité magique, cela allait de soi... Un sourire emprunt d'un brin de tristesse tordit ses lèvres. Elle même ignorait d'où lui venait de telles idées, et ce à quoi elles la mèneraient. C'était un besoin viscéral d'agir, de faire quelque chose, pour ne pas dépérir à petit feu. Elle réalisa alors qu'elle devait ennuyer Ely, avec ses élucubrations sur le but de la vie...

    "C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir,
    Qui comme un élixir nous monte et nous enivre"

    Cherles Baudelaire, ce poète moldu, avait bien décrit la chose, et sans tergiverser, en parlant de la Mort.

    Louise fourra la main dans sa cape et en sortit ses cigarettes et son briquet. Elle en glissa une entre ses doigts et, avant de la porter à ses lèvres, se tourna vers la jolie brune.

    - Tu en veux une ? proposa-t-elle.

    Elle ignorait si Ely fumait. Ce genre de substances moldues étaient mal vu chez les sorciers. Mais là encore, pour Louise, ça n'avait été qu'un moyen de clamer haut et fort - ou plutôt bas et pour elle-même - à la norme, qu'elle ne serait jamais comme les autres.
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MessageSujet: Re: De la fleur, il y a l'épine qui sommeille ◊ Ely & Louise   Mer 20 Juil - 21:22

« Je vais finir par me faire prendre, si je manque tant de précautions. »

Bien qu'elle prononçait ces mots, Louise ne semblait pas spécialement inquiète du sort qui pourrait lui réserver. Sa voix était toujours aussi calme. Son sourire était presque invisible mais Ely remarqua qu'il était bel et bien présent. Elle lui sourit en retour, même s'il ne correspondait ni à un remerciement ou quoi que ce soit d'autre. Un sourire gratuit. Il n'était en effet pas l'heure encore d'aborder le sujet du retour, même si Ely n'avait pas une traitre idée de ce qu'elles pourraient bien faire pour régler ce problème. Pour cela, elle faisait confiance à la jeune femme, située à quelques pas d'elle. La jeune femme s'était tu quelques instants, avant de reprendre. Ely, qui regardait ailleurs, fut soudainement étonnée de cette forme de tirade que la petite blonde lui faisait. Une sorte de remise en question. Quelque chose sur l'estime de soi. Ely ne sut quoi dire, les paroles de Louise étaient floues, mais on pouvait comprendre que ce n'était pas simplement une question existentielle, posée par hasard, elle semblait avoir un certain sens pour elle ou, au contraire, paraître irrésolue. La jeune Licorne se contenta de regarder sa camarade sans avoir les mots pour lui répondre. C'était une bonne question, d'où pouvons-nous tirer une satisfaction personnelle sans s'estimer soi-même ? Ely n'avait aucune réponse. Elle avait une estime raisonnable d'elle-même, peut-être s'était-elle accrue avec l'évolution de ses pouvoirs, et son amélioration de contrôle de soi.

« J'imagine que ce n'est pas spécialement un discours qu'une préfète devrait dire à une fugitive de sa propre maison mais... » Elle hésita un instant. Déjà qu'elle manquait de mots pour répondre à cette étrange réflexion mais, à présent, elle se sentait obligée de faire attention à ce qu'elle disait à Louise. « Si tes balades nocturnes te rendent heureuse, ou du moins, elles te permettent de te vider la tête comme tu le souhaites, le mérite est quelque chose qui passe bien après ce genre de satisfaction. »

Elle sentait que ses explications étaient plutôt floues mais, elle ressentait le besoin d'apporter un semblant de réponse aux pensées de cette jeune femme. C'était idiot, Ely n'avait aucun moyen d'apporter quoi que ce soit. Elle souhaiter continuer ce qu'elle avait commencé, mais se ravisa presque immédiatement. C'était idiot. Idiot, d'essayer de comprendre ce genre de réflexion, l'estime de soi était quelque chose qui dépendait de la personne, de sa personnalité, des rencontres qu'elle avait pu faire, et Ely ignorait absolument tout cela de Louise. Elle n'avait aucun droit de la juger, de la conseiller, sans avoir au moins d'une idée de ce que cette licorne vivait. Son rôle de préfète ne lui donnait pas non plus le droit de s'infiltrer dans la vie des autres, et l'attitude de Louise semblait lui annoncer que la jeune femme n'avait nulle envie qu'on s'invite ainsi dans sa vie, surtout à la nuit noire, dans un endroit où elle se croyait seule.

Le temps avait passé et Ely venait à peine de se rendre compte que Louise lui tendait un objet étrange qui ne lui était pas inconnu. « Tu en veux une ? » Elle prit ce "une" des mains de la jeune femme et commença à l'observer. Elle ne se souvenait plus exactement de ce que c'était. Quelque chose de moldu, il lui semblait. Elle avait vu quelques personnes avec lors d'une sortie avec ses parents. Ils étaient rentrées tous les quatre dans un café moldu, c'était au temps où la sœur d'Ely était toujours en vie, après une longue balade de vacances. Un sorcier dont la femme était moldue nous accompagnait et avait sorti ce drôle d'objet, l'avait porté à sa bouche et, inspirant, avait fait ressortir de sa bouche et de ses narines, un voile très léger de fumée presque transparente par moments. Elle n'avait jamais essayé, n'avait jamais même su ce que cela faisait ressentir à celui qui "inspirait". Elle ne se souvenait pas exactement du nom qu'il avait employé. Citamagrette ? Elle était persuadée que le mot commençait par Ci-, et finissait par -ette, mais l'intérieur lui semblait bien vague. Bien qu'elle savait qu'une erreur de sa part à propos de cet objet procurerait peut-être bien une moquerie de la petite blonde, Ely essaya de prononcer le nom de ce qu'elle avait entre les mains.


« C'est une ciralette ? »

La première et la dernière syllabes pouvaient être très audibles cependant, elle avait fait en sorte de ne pas trop articuler concernant le reste. Elle posa ses mains sur ses poches avant de s'apercevoir qu'elle n'avait pas sa baguette pour l'allumer. Il ne valait mieux pas s'essayer à déclencher un feu, leur environnement n'était peut-être pas l'idéal.

[HJ:
 
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